CANON, COMMUNICANTES
que concédas, ut in omnibus protectionis tuæ muniamur auxilio : per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Hanc igitur oblationem servitutis nostræ, sed et cunctæ familiæ tuæ; quæsumus, Domine, ut placatus accipias, diesque nostros in tua pace disponas, atque ab æterna damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari ; per Christum Dominum nostrum. Amen.
La Secrète n’a pas été composée en une seule fois, et par un seul homme, mais pièce à pièce par plusieurs auteurs, ce que l’on reconnaît aux trois commémorations des saints que la Secrète contient, bien que cette répétition ait pour but la louange et la gloire de la Trinité. Dans la deuxième commémoration des saints, on amis en supplément ceux qui paraissaient manquer au nombre des saints primitivement inscrits. Dans la commémoration qui précède la consécration du corps du Christ, on réclame le suffrage des saints. On nomme en premier lieu la bienheureuse Marie, puis on rappelle la mémoire des Patriarches, depuis la plus haute antiquité. Mais 1 Église dans le Canon ne fait pas commémoration des saints confesseurs, qu’elle honore cependant avec magnificence, parce que le Canon a été publié avant qu elle célébrât leur mémoire.
In primis gloriosæ... Il est bien juste que la Mère de Notre-Seigneur et notre Dieu soit mise à la tête de tous les saints. Les liturgies de toutes les églises d’Orient ont toujours fait mémoire de la Sainte- Vierge avec des expressions qui marquent l’admiration des fidèles à la vue de ses grandeurs et de sa puissance auprès de Dieu.
Sed et bealorum aposlolorum... Après la Sainte- Vierge, nous faisons mémoire des douze apôtres, parce qu’ils sont les colonnes de l’Église, les premiers qui ont eu le bonheur de participer au saint sacrifice et le pouvoir de l’offrir pour renouveler la mémoire de Jésus-Christ.
On leur joint saint Paul que Rome ne sépare pas de saint Pierre et qui n’ayant été apôtre qu’après la mort de Jésus-Christ, apprit néanmoins de Jésus-Christ lui-même l’institution de ce saint sacrifice.
Aux douze apôtres on joint douze autres martyrs qui, en répandant leur sang, ont été de vives images du sacrifice de la croix, tous martyrs célèbres à Rome.
Saint Lin , saint Clet et saint Clément ont été
contemporains, coadjuteurs, et successeurs de saint Pierre à Rome.
Sixte et Corneille sont deux autres papes martyrs.
Il y a deux saints Sixte papes, martyrs; le premier au commencement du 11e siècle et le deuxième mort en 258, sous la persécution de Valérien; on pourrait ici entendre Sixte Ier, à cause qu’il est nommé avant saint Corneille, mort sous Décius en 25 1 ; mais il y a aussi lieu de croire qu’on a voulu mettre dans le Canon saint Sixte II, sur le tombeau duquel on bâtit à Rome une église, dont parle saint Grégoire et dont nous faisons la fête au 6 août.
Saint Cyprien fut le premier évêque martyr de Carthage, célèbre à Rome et dans tout le monde par sa doctrine et par son désir de mourir en prêchant la foi de Jésus-Christ.
Saint Laurent archidiacre de Rome dont la charité pour les pauvres et le martyre feront à jamais l’admiration des fidèles.
Saint Chrysogône, illustre romain martyrisé auprès d’Aquilée, sous Dioclétien, fut honoré à Rome dans une basilique sous son nom.
Jean et Paul étaient deux frères mis à mort et enterrés secrètement sous Julien l’Apostat pour avoir refusé constamment de sacrifier aux idoles.
Saint Cosme et saint Damien exerçaient la médecine et la chirurgie par charité, et pour gagner par cette voie des âmes à Jésus-Christ. (Lebrun, Expi. du céré. de la Messe, iv., art. 4.)
Le prêtre tient les mains étendues sur le calice et sur l’Hostie en disant : Hanc igitur... Jusqu’au xve siècle, selon l’ordre romain, le prêtre tenait simplement les mains élevées pendant cette oraison, comme il les tient en disant les prières précédentes. Cette cérémonie cependant paraît très-ancienne à cause du rapport qu’elle a avec l’ Ancien-Testament où l’on voit que les prêtres et ceux qui offraient une victime pour les péchés, mettaient la main sur la victime.
Les mots hanc igitur oblationem servitutis ouvrent
la quatrième partie du Canon et le prêtre en les disant s’incline profondément.
Le pape Léon ajouta la prière Hanc igitur... Saint
Grégoire les trois suivantes : Diesque nosiros... puis ab œterna damnatione nos eripe et la troisième et in electorum jubeas grege numerari.