CONSÉCRATION
Quam oblationem , tu Deus, in omnibus, quæsumus, benedictam, ascnptam, ratam, rationabilem, acceptabilemque facere digneris : ut nobis corpus et sanguis fiat dilectissuni Filu tui Domini nostri Jésus Christi :
Qui pridie quàm pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas ; et elevatis oculis in ccelum ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite et manducate ex hoc omnes ; Hoc est enim Corpus meum.
Aux messes hautes, on chante ici la strophe suivante :
O salutaris Hostia,
Quæ cœli pandis ostium ;
Bella premunt hostilia,
Da robur, fer auxilium.
Simili modo, postquam cœnatum est, accipiens et hune præclarum calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes : Hic est enim calix Sanguinis mei, novi et æterni tes-
TAMENTI, MYSTERIUM FIDEI ; QUI PRO VOBIS ET PRO MULTIS EFFUNDETUR IN REMISSION EM
peccatorum: Hæc quotiescumque feceritis, in meîmemoriam facietis.
L’auteur du Traité des Sacrements, qu’on a cru depuis neuf cents ans être saint Ambroise, regarde toutes les paroles de la prière quam oblationem comme des paroles célestes qui servent à la consécration du corps de Jésus-Christ.
Ces prières sont venues par la plus haute tradition à toutes les églises; saint Basile voulant montrer qu’il y a des dogmes non écrits : « Qui est-ce, dit-il, qui nous a laissé par écrit les paroles qui servent à la consécration de l’Eucharistie; car nous ne nous contentons pas des paroles qui sont rapportées par l’apôtre et par l’Évangile, mais nous en ajoutons d’autres devant et après, comme ayant beaucoup de valeur dans les mystères, lesquelles nous n’avons apprises que de cette doctrine non écrite. »
Saint Justin, Origène, saint Augustin etc. S sont du même sentiment. La principale consécration est celle qui a lieu à la messe, lorsque le prêtre prononce
i. Sur le moment précis de la consécration, on peut consulter le P. Lebrun, Ve tom., Liturgie arménienne.
les paroles qui opèrent la transsubstantiation du pain et du vin.
Le prêtre essuie sur le corporal le pouce et le deuxième doigt de chaque main, de peur qu’ils ne soient humides et afin qu’ils soient plus propres par révérence pour le corps de Jésus-Christ.
In sanctas... Ces mots ne sont pas dans l’Évangile, non plus que et elevatis oculis ; mais ils sont dans les plus anciennes liturgies.
Fregit, il le rompit. Le pain était si mince parmi les Hébreux, ainsi que parmi les autres Orientaux, qu’on le rompait toujours avec les doigts, pour le distribuer, sans se servir de couteaux.
Deditque, Jésus-Christ ne mit pas l’Eucharistie dans la bouche des apôtres. La disposition des tables et des lits, sur lesquels on était à demi couché permettait seulement de la prendre ou de la recevoir avec la main, accipite. Aussi durant les cinq premiers siècles, les prêtres mettaient l’Eucharistie dans la main des fidèles, ce n’est qu’à cause des inconvé-