XII1 SIÈCLE. AUTELS MASSIFS. OU FERMÉS (BAPTISTÈRE D’ASTI
caractère originel. Sous l’église il existe une crypte de même dimension, construite en style rustique et simplement garnie de pilastres carrés.
On peut, d après ces données, faire remonter l’autel au xie siècle, mais cette date est peut-être trop ancienne pour le travail en mosaïque qui laisse entrevoir le goût des Cosmati; nous croyons donc pouvoir en descendre le classement jusqu’au xn° siècle.
M. Salazaro, dans ses Études sur l’Italie méridionale, donne une vue de la crypte de Santa-Maria-del- Piano dont les peintures sont du xne siècle et dont les trois absides contiennent des autels qui paraissent fort anciens; sur celui du milieu on voit en avant deux trous pour les reliques et de chaque côté deux gradins qui l’accompagnent.
L’autel du baptistère d’Asti doit prendre place dans le classement des monuments du xne siècle ; haut de un mètre, large de im 51, il se compose de deux assises de pierre. Au centre est figuré, assis dans un médaillon à quatre-feuilles, le Christ qui bénit et enseigne. Dans les angles des quatre-feuilles sont les symboles évangéliques, sur les côtés sont rangés huit saints distribués dans deux étages d’arcatures ; on y distingue la Sainte-Vierge et saint Pierre. Une bordure ornée de rosaces et de feuillages encadre l’autel sur trois côtés '.
L’autel d’Avenas, près Mâcon, peut se rapprocher de celui d’Asti pour l’âge et le style ; on y retrouve la même donnée ; le Sauveur assis au centre, dans une auréole elliptique, est soutenu par les animaux évangéliques ; de côté les douze apôtres sont rangés sur un double étage, assis, et tenant des livres ; saint Pierre se reconnaît à la clef qu’il porte. Aux angles deux fortes colonnes accusent les extrémités du monument 2.
M. Vulliermet nous communique le fragment d’un ancien autel conservé à Saint-Jean de Maurienne et qui doit rentrer comme style et comme date dans la catégorie du précédent. Il est partagé en deux : la partie supérieure figure l’Agneau mystique et au-dessous des personnages, dont l’un probablement est saint Jean-Baptiste, le regardent et lèvent la tête. On lit sur le listel intermédiaire l’inscription : Ecce Agnus