Rohault de Fleury, Sainte-Vierge, pl. C, p
XI I Ie SIÈCLE. — COSMATI.
il est garni aux angles de colonnettes torses émaillées.
Dans la même église à droite de l’entrée on distingue un autel façonné avec des fragments dé porphyre et de marbres, mais cet assemblage doit être moderne.
A Rome, s il nous était permis de descendre à une époque plus tardive nous pourrions mentionner à Sainte-Marie-Majeure un autel consacré par Benoît XII (1340), qui conserve le style des précédents et nous prouve la persistance du goût des Cosmati à Rome 1 .
En Toscane, l’art de la mosaïque affectait des formes différentes; moins brillant, dédaignant les paillettes d’or et d’azur que les marbriers de Rome répandaient avec profusion dans leurs ouvrages, il est plus sérieux et plus sculptural. L’autel du baptistère de Pise nous en offre un spécimen remarquable. La face présente deux grands panneaux encadrés dans des moulures feuillagées et dans ces panneaux des médaillons sculptés. Les tympans sont enrichis de mosaïques. Sur la face opposée les panneaux sont en losanges. Autrefois sur cet autel s’élevait un ostensoir de marbre, et de chaque côté, des candélabres aussi en marbre pour soutenir les cierges2. Cet autel était dû à la libéralité d’un chanoine de la cathédrale mort en 1305, comme on le lit sur l’inscription du pilier voisin3.
A propos de baptistère, citons l'autel que nous avons dessiné dans celui de Parme 4 qui doit dater des travaux d’ameublement et de peinture qu’on y fit au xme siècle. Nous l’avons gravé. (PI. LXXXV.) Il est possible que les colonnettes d’angles aient été renouvelées, mais le bas-relief central est certainement du moyen-âge.
Le comte Mella nous communique un autel de Vercelli très-intéressant; c’est un monolithe en marbre blanc légèrement veiné. On y retrouve la tradition de l’antique confession; une porte figurée avec serrure et pentures en imite l’entrée; cette porte feinte, surmontée d’une croix et d’une ogive, est flanquée de créneaux comme celle d’une forteresse. (PL LXXXI.)