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LE BAISER DE PAIX

La paix donnée en se baisant a toujours été le signe d’une vraie amitié entre personnes égales, et c’est la manière dont se la donnaient autrefois les chrétiens, qui se regardent tous comme frères.

Les apôtres avaient recommandé ce saint baiser ; et saint Augustin dit de quelle manière il se donnait après l’Oraison dominicale en disant : « La paix soit avec vous. »

Il n’est point fait mention d’instrument de paix dans aucun ordre romain avant la fin du xve siècle. Jusqu’alors la paix ne s’y donnait qu’en s’embrassant.

Presque toutes les épitres de saint Paul se terminent par cette formule : Salutale invicem in osculo sancto , saluez-vous les uns et les autres par un saint baiser. Après la récitation des collectes et le salut de l’évêque, les clercs, chacun selon son ordre, donnaient le saint baiser à l’évêque ; et parmi les laïques, les hommes aux hommes, les femmes aux femmes — les deux sexes étant séparés dans l’église.

La pratique de l’Église occidentale fut de donner le baiser de paix après la Consécration et l’Oraison dominicale.

Au baptême, les fidèles donnaient le baiser de paix aux nouveaux baptisés comme une marque de la fraternité qui venait de se nouer entre les anciens chrétiens et les récents.

Aux fiançailles, le baiser et la jonction de la main droite faisaient partie des cérémonies. L’Église grecque a retenu cet usage supprimé par l’Église latine beaucoup plus austère dès que la simplicité des mœurs ayant disparu, une telle pratique présenta de graves inconvénients.

Le prêtre baise l’autel afin de marquer sa vénération pour le lieu où s’immole la victime sainte.

Il le baise en montant à l’autel afin de se conformer à l’ancienne coutume de baiser la croix marquée dans les anciens missels et en signe de respect pour les saintes reliques, dont la pierre d’autel est enrichie. Il baise l’aulel chaque fois qu’il se tourne vers le peuple, pour marquer qu’il reçoit la paix de Jésus- Christ avant de la donner aux fidèles ; ceux-ci même ne s’approchaient jamais de l’autel sans le baiser.

Le prêtre baise le livre des évangiles, les ornements dont il se revêt, et aux messes solennelles le clergé et les ministres inférieurs témoignent leur respect pour ces objets par un baiser. La main du célébrant est baisée par le diacre et le sous-diacre en diverses circonstances du rit de la messe. L’anneau de l’évêque est baisé avant la Communion par les fidèles auxquels il l’administre.

Quelques abus étant résultés de l’accolade fraternelle donnée par tout le peuple, on établit avant le xme siècle l’usage de l’ osculalorium ou instrument de paix que le prêtre baise d’abord et qui est ensuite baisé par les ministres servant à l’autel et par tout le clergé.

Il y avait des instruments de paix en marbre; ordinairement cet ustensile liturgique est fait de métal, on y figure en relief, la croix, ou Notre-Seigneur, ou la Sainte-Vierge, quelquefois même le patron de la paroisse .

La prière de la paix n’était pas dans l’ordinaire du missel romain, lorsque le Micrologue écrivait en 1090, mais elle était dans l’ancienne messe d’Illyricus vers l’an 900 et dans le sacramentaire de Trêves du xe siècle. Ces liturgies marquent, qu’en commençant la prière, le prêtre baise l’autel. Quelques-uns, au xiic siècle, pour recevoir la paix plus immédiatement de Jésus-Christ, baisaient l’hostie. Cette coutume s’est conservée jusqu’au xvic siècle.

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