ABLUTIONS
Pendant qu’il reçoit la première ablution, le prêtre dit :
Quod ore sumpsimus, Domine, purâ mente capiamus : et de munere temporali fiat nobis remedium sempiternum.
En recevant la seconde ablution :
Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, et sanguis quem potavi, adhæreat visceribus meis; et præsta, ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt sacramenta • Qui vivis et régnas in secula seculorum. Amen.
Après avoir lu l’antienne dite Communion, le prêtre dit :
— Dominus vobiscum.
— Et cum spiritu tuo.
— Itemissaest.
Quand il n’a pas dit Gloria in excelsis :
— Benedicamus Domino.
On répond :
— Deo gratias.
La liturgie catholique admet plusieurs sortes d’ablutions. Selon le sens du terme, le baptême, l’aspersion, le lavement des pieds, celui des autels dans la semaine sainte, le lavement des mains à la messe, enfin les ablutions après la Communion.
Après avoir reçu le sacrement de l’Eucharistie, le prêtre lave et arrose ses doigts de peur qu’il n’y reste ou n’y adhère quelque parcelle par suite du contact avec le divin Sacrement. L’eau de l’ablution doit être versée dans un lieu propre et convenable pour que la grandeur du Sacrement soit respectueusement honorée.
La première prière qui accompagne les ablutions : quod ore sumpsimus est au pluriel parce qu’autrefois le diacre présentait aux fidèles qui venaient de communier du vin non consacré dans une coupe qui servait à cet usage. Il n’y a pas encore deux siècles que cette coutume existait. Cette prière est d’une haute antiquité car on la trouve dans quelques anciens sacramentaires. Le P. Lebrun fait observer que dans les heures de Charles le Chauve la prière dont nous parlons est au nombre singulier pour être récitée par les fidèles qui avaient communié.
Saint Chrysostôme avait coutume de recommander de prendre de l’eau ou des pastilles après la communion de peur qu’on ne vint à cracher et rejeter quelques particules de l’Eucharistie ; il dit qu’il en prenait lui-même. Dans les anciens statuts des Chartreux il est ordonné au prêtre de prendre la première ablution aussitôt qu’il a communié et avant de donner la communion aux autres.
Il y a lieu de croire que l’usage de chanter un psaume ou quelques versets pendant la Communion commença en Orient, car on en voit l’explication dans la liturgie; saint Cyrille de Jérusalem (350) dit qu’en distribuant la Communion, on entendait chanter : « Goûte \ et voye\ combien le Seigneur est doux ! » L Occident ne tarda pas à suivre cet usage ; saint Augustin en fait mention.
Jusqu’au xne siècle, le prêtre, après la Communion, purifiait le calice avec du vin et de l’eau comme aujourd hui, mais ensuite on jetait dans la piscine appelée lavalorium cette eau et ce vin.
Avant le xne siècle, il y eut des prêtres qui, guidés
par un sentiment plus respectueux, jugèrent convenable de prendre l’ablution, et le pape Innocent III, en 1212, écrivit à l’évêque de Maguelone que le prêtre doit faire une ablution avec du vin et la prendre, à moins qu’il ne dise encore le même jour une autre messe. Mais cette purification n’est pas mentionnée dans les anciennes liturgies ou du moins ne l’est que fort rarement.
Il faut donc distinguer deux ablutions : i° celle du calice, 20 celle des doigts ; le vin et l’eau ou simplement l’eau de la dernière n’étaient pas avalés par le prêtre, mais versés dans la piscine.
L’oraison qui se dit après la Communion prend son nom du moment où elle est chantée ; c’est l’action de grâces pour le bienfait qu’on vient de recevoir. Les anciennes liturgies l’appellent oralio ad complendum, l’oraison pour terminer, parce qu’en effet c’est par elle que la messe finit.
Il est de règle qu’on récite autant de postcommunions qu’il y a eu de collectes et de secrètes.
Le prêtre revient au milieu de l’autel, le baise, se tourne vers le peuple, dit encore : Dominus vobiscum, et se tenant ainsi tourné, il ajoute : Ite missa est.
Ces mots Ite missa est signifient le renvoi.
A la messe célébrée avec diacre et sous-diacre, le premier se tourne vers le peuple pour lui annoncer la fin du saint sacrifice par ces paroles : Ile missa est. Si le prêtre officie sans ministres, il dit lui-même ces paroles. Il est certain que les païens annonçaient aussi la fin de leurs assemblées par une formule équivalente, un héraut s’écriait : Ilicet par contraction de ire licet, il est permis de se retirer.
Tertullien et saint Cyprien parlent du renvoi du peuple après les solennels, c’est-à-dire après la messe. Durant les siècles de persécutions, c’était là un renvoi fait avec précaution pour éviter le bruit et la foule, plutôt qu’un congé donné solennellement.
Cela n’a dû se faire avec solennité qu’au commencement du ivc siècle, lorsque les assemblées se sont faites en pleine paix. Toutes les anciennes liturgies grecques marquent ce renvoi à la fin du sacrifice. Il avait lieu vers l’an 500 dans les églises latines, et il est dans l’ordre romain qui passait pour fort ancien au temps de Charlemagne.