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PLACEAT

Incliné au milieu de l’autel, le prêtre récite cette prière :

Placeat tibi, sancta Trinitas, obsequium servitutis meæ; et præsta, ut sacrificium quod oculis tuæ majestatis, indignus obtuli, tibi sit acceptabile, mihique et omnibus pro quibus illud obtuli, sit, te miserante, propitiabile ; per Christum Dominum nostrum. Amen.

Puis il bénit les fidèles, en disant :

— Benedicat vos omnipotens Deus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus.

— Amen.

Cette prière est l’action de grâces spéciale du prêtre après avoir terminé le saint sacrifice; elle n’est pas considérée comme partie intégrante de la messe.

Le prêtre ayant dit placeat baise l’autel, élève au ciel les yeux et les mains qu’il étend et qu’il joint, et inclinant la tête il dit d’une voix intelligible : Benedicat vos omnipotens Deus. Ensuite il se tourne vers le peuple, et tenant la main droite étendue et les doigts joints, le bénit une fois en disant : Pater , et Filius, et Spiritus Sanctus.

Cette bénédiction n’était point essentielle pour avoir entendu la messe, la bénédiction qui fait partie du saint sacrifice est celle qui se donne quand le prêtre offre l’hostie et qu’il renouvelle à la fin du Pater, quand il dit : Pax Domini sit semper vobiscum.

La liturgie des quatre premiers siècles extraite du VIIe livre des Constitutions apostoliques, dont on attribue la rédaction au pape saint Clément, contient une formule de bénédiction que l’évêque donnait à l’assemblée lorsque le saint sacrifice était terminé. C’est le monument le plus ancien que nos possédions de la bénédiction par laquelle se terminait la messe ; mais il ne faut pas ignorer qu’à l’évêque seul il appar¬

tient de bénir les fidèles. Ce n’est que depuis le xie siècle que le prêtre a pu le faire, et encore il ne pouvait bénir avec la main ; la bénédiction du prêtre à la fin de la messe avait toujours lieu avec une croix, ou avec le calice, ou avec la patène. Le missel de Paris imprimé en 1605 indique la patène; celui imprimé en 1615 autorise le simple prêtre à bénir avec la main.

Les messes des morts n’admettent pas la bénédiction finale, parce qu’on en a toujours retranché ce qui est de joie et de solennité.

Voici la définition de saint Ambroise : « Benedictio est sanctifications et graliarum votiva collatio. »

Il y aune bénédiction qui s’appelle consacrer; à cet égard nous pouvons citer l’extrait suivant de Gilbert, évêque de Limerick au xnc siècle (De usu ecclesiaslico ) : Dedicat pontifex atrium, templum, altare, tabulam altaris. Dedicare enim est locum Deo offerre, benedicere et sanctificare. Consecrat autem episcopus utensilia ecclesiæ quæ fere omnibus sacerdotibus sunt communia, vestimenta videlicet sacerdotalia et pontificalia, altaris velamina, calicem, patenam etcorporaliaet vasculum Eucharistiæ, chrisma, oleum, vas chrismale, thus et thuribulum... ciborium, id est

altaris umbraculum, crucem, tintinnabulum et ferrum judiciale.... (Smith, p. 195.)

Les anciens sacramentaires ne font pas de distinctions entre les bénédictions de l’évèque ou du prêtre.

Les abbés avaient aussi pouvoir de bénédiction ; leur supériorité sur les prêtres consistait ordinairement dans leur juridiction.

La bénédiction de la fin de la messe : Dominus vobiscum se retrouve dans les rituels d'Orient comme d'Occident. Les plus vieux sacramentaires latins placent cette bénédiction entre l’Oraison dominicale et la Communion, coutume qui paraît avoir été introduite d’après la liturgie gallicane et mozarabique. (Daniel, Cod. liturg., 1, 141.) Les fidèles ne devaient pas s’éloigner avant de l’avoir reçue; comme on le voit par le concile d’Agde (506) et le premier et le troisième d’Orléans (5 1 1-5 38) : « Missas die dominico a sæcularibus totas teneri speciali ordinatione præcipimus ita ut ante benedictionem sacerdotis populus egredi non præsumat. (Conc. Agath., can. xlvii; Labbe, iv, 1391.)

« De missis nullus laicorum ante discedat quam « dominica dicatur oratio ; et si episcopus præsens « fuerit ej us benedictio expectetur. »(Concil. Aur., III, can. xxix, Labbe, v, 302.)

La messe dans un sens était alors finie et ceux qui ne communiaient pas pouvaient se retirer. (Smith, p. 196.)

Le quatrième concile de Tolède blâme les prêtres qui, post dictam orationem dominicam statim communicant et postea benedictionem in populo dant .

post orat. Dom. et conjunctionem panis et calicis benedictio in populum sequatur, et tum demum corporis et sanguinis Domini sacramentum sumatur. (Can. xviii, Labbe, v, 1711.)

Selon saint Césaire d’Arles pour « Missas ad întegrum cum lucro animæ suæ celebrare », il faut rester dans l’église « usquequo or. Dom. dicatur et benedictio populo detur ». (Serin, cclxxxi, § 2, Migne, xxxix, 2277.)

Cette bénédiction, privilège de l’évêque, avait lieu en plusieurs phrases auxquelles on répondait: Amen !

Voici la manière la plus ordinaire.

Le diacre disait à haute voix : Humiliate vos benedictioni. Celui qui donnait la bénédiction : Dominus sit semper vobiscum , à quoi l’on répondait : Et cum spiritu iuo ; puis, venait la formule de la bénédiction.

On cite ici comme exemple la bénédiction pour la

fête de saint Étienne tirée de trois vieilles liturgies latines.

Raban Maur (De inst. cler., I, xxxm). « Post com- « munionem ergo, et post ejusdem nominis canticum,

« data benedictione a sacerdote ad plebem, diaconus « prædicat missæ officium esse peractum, dans liben- « tiam abeundi. »

Les bénédictions se rencontrent fréquemment dans les liturgies orientales, nous y trouvons à différents endroits du service divin ces mots : eùWyvsffov 3 gkotv.. Quelques-unes donnent une longue bénédiction après les prières de la Postcommunion. Dans celle de Constantinople le prêtre ne peut bénir avant d’avoir quitté ses vêtements sacerdotaux.

Chez les Juifs, les prêtres donnaient la bénédiction en déployant les bras et les élevant différemment, soit qu’ils fussent dans le temple, soit à l’extérieur.

Pendant la bénédiction, le peuple ne lui parlait pas, car la gloire de Dieu résidait sur lui. Ses doigts étaient disposés par paire, l’index avec le doigt du milieu, l’annulàire avec le petit doigt. L’extrémité des deux pouces et des deux index se touchant réciproquement, arrangement qui divisait les dix doigts en six parties.

Nous retrouvons dans l’Église le souvenir vivant de ces coutumes, depuis les constitutions apostoliques jusqu’à Paul V, la prescription au prêtre de se tenir debout et aux fidèles de s’incliner; l’ordre du rituel juif de se retourner vers le peuple, de pronon cer la bénédiction à voix haute se retrouvent dans les anciens sacramentaires.

La bénédiction a été représentée sur les plus anciens monuments de l’art. Comme les Juifs, les chrétiens adoptèrent une certaine disposition des doigts.

Dans les monuments iconographiques les pontifes ont été figurés donnant la bénédiction, soit à la manière | latine, soit à la manière grecque. Dans le premier cas l’évêque étend trois doigts de la main droite en mémoire de la Trinité; il ferme les deux autres doigts. Dans le deuxième cas, comme cela se pratique chez les Grecs, l’évêque et le prêtre posent le pouce sur le doigt annulaire et courbent l’index sur le doigt du milieu de manière à représenter le Xet le P, les deux premières lettres de XPI2T02.

Les monuments antiques de toutes sortes représentent fréquemment Notre-Seigneur, les apôtres et d’autres personnages du Nouveau et même de l’An-

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