‹ La messeChapitre 75 sur 346 · Nouveaux mélanges, curiosités mystérieuses , 1874, p · texte numérisé non relu

Nouveaux mélanges, curiosités mystérieuses , 1874, p

Tout le monde connaît la pieuse légende de la mort de saint Henri. Après qu’il eut rendu le dernier soupir, une balance est dressée sur le lieu de son jugement pour recevoir dans les plateaux les bonnes et les mauvaises actions du prince ; les démons accourent et se félicitent de voir le plateau du mal l’emporter, lorsque saint Laurent apparaît tenant un lourd calice à anses ; il le jette brusquement de son côté et y ramène ainsi l’avantage du poids. Une des anses se brise, mais l’Empereur est sauvé et les démons s’enfuient. Cette légende a inspiré les fresques, et notamment celle que nous reproduisons, PI. XIX, et qui intéresse notre sujet.

On y voit saint Henri à genoux devant un autel offrir au prêtre le grand calice ansé. Il est vêtu de la chlamyde agrafée sur l’épaule, de la tunique militaire et suivi d’un soldat avec casque, lance et bouclier. Le célébrant porte une chasuble avec orfrois au cou et sur la poitrine. A droite, un groupe de clercs chantent devant un leclorium. Sur l’autel on ne voit que le missel, le calice recouvert de la patène sur laquelle est posée l’hostie et enfin un seul chandelier. Le parement de l’autel est orné de losanges et la table couverte par une nappe. Derrière l’autel on aperçoit le ciborium de la basilique assez fidèlement reproduit et un portique absidal sous lequel se balancent les lampes du sanctuaire.

La seconde image que nous donnons, tirée des peintures de ce portique, a trait à l’ensevelissement de saint Laurent après son martyre; le prêtre Justin donne la communion à saint Cyriaque et à d’autres chrétiens 1 . Ces peintures représentent une messe miraculeuse qui aurait été dite, suivant la légende, en 1062 et dont un pieux sacristain de l’église fut témoin. Comme il se levait avant l’aube du jour pour prier devant les autels, il vit arriver un prêtre suivi d’un diacre, d’un sous-diacre et d’une nombreuse assemblée. Le prêtre, d’une belle figure et d’un aspect vénérable, se dirigea vers le maître-autel pour y célébrer la messe. A cette vue, saisi d’étonnement et de crainte, le sacristain s’approcha de celui qui faisait le diacre et l’interrogea : Celui que tu vois habillé en prêtre, lui répondit-il, est l’apôtre saint Pierre, pour moi, je suis Laurent qui souffris un mercredi l’affreux martyre pour l’amoiir du Christ. C est en souvenir de ces souffrances que nous sommes

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