Peint., pl. 97, nu
XIIIe SIÈCLE. — MINIATURES. — PIS'E. — ASSISE.
humanœ salvationis, a permis à l’artiste de traiter les sujets les plus variés. Les enluminures laissent beaucoup à désirer, mais elles conservent aux archéologues d’excellents renseignements, comme on le voit, par la vignette que nous rapportons (PI. XVI), et qui figure une célébration de la messe. Le prêtre s’incline devant l’autel. Il est vêtu d’une chasuble d’or, au bas de laquelle une bande rouge s’échappe sur l’aube. L’autel est de couleur rouge couvert d’une nappe blanche, il porte un missel rouge fermé, un calice, une patène d’or. Il est abrité sous un élégant ciborium gothique dans le genre de celui de Sainte-Marie in Cosmedin, duquel pend un lustre circulaire, composé d’une couronne blanche et de quatre lampes de verre. Cet usage était déjà répandu à Rome au xie siècle, comme nous l’avons vu dans les fresques souterraines de Saint-Clément. Derrière le célébrant un clerc psalmodie devant le lutrin, il est vêtu d’une tunique verte agrémentée sur les côtés et au bord de manches et garnie d’un collet rouge. Le lutrin est rouge, le livre ouvert est blanc. Trois autres clercs apparaissent au second plan ; le fond de la miniature est bleu niellé de blanc.
La Bibliothèque Barberini possède un manuscrit où se trouve une miniature de la même époque. Le prêtre étend les bras en soulevant les larges plis de sa chasuble. Il a l’autel à gauche et à droite un clerc qui agite le flabellum devant lui.
Sur la façade de la cathédrale de Lucques, parmi les curieux bas-reliefs qui décorent le dessous du portique, on voit une messe de saint Martin 1 .
Les fresques conservées dans la basilique de San- Pietro a Grado, où la tradition nous rapporte que saint Pierre débarqua sur le rivage de Pise, fournissent une représentation de la messe. Martini 2 nous en donne une copie d’autant plus précieuse que nous n’avons plus retrouvé l’original sur les fragiles enduits qui en laissent chaque jour tomber quelques vestiges. On y voit le célébrant vêtu de la chasuble, les bras levés, debout derrière l’autel et tournant le dos à une petite abside circulaire..
L’autel n’a qu’un pied circulaire. Un fût de colonne recouvert d’un tailloir et supportant la table sacrée, sur laquelle sont figurés le missel, le calice placé sous la patène et l’hostie. De chaque côté,