‹ La messeChapitre 79 sur 346 · Theatrum basilica pisana , p · texte numérisé non relu

Theatrum basilica pisana , p

deux anges sont agenouillés, l’un tient une navette et balance l’encensoir.

La série des Papes représentés sur ces fresques et qui s’arrêtait à Jean XIV (969) laissèrent supposer qu’elles remontaient au xe siècle, mais leur style n’autorise pas une date aussi reculée. Les arcs en ogives qu’on y signale, les armoiries, etc., nous reportent au xme. Morrona les fait descendre à 1220 1 et, je crois, avec beaucoup de raison. Je dois ajouter que la forme de l’autel me paraît beaucoup plus ancienne et dut être alors copiée sur le monument primitif.

De Pise, transportons-nous maintenant à Assise, dans cette merveilleuse église de Saint-François, où toutes les gloires de la peinture paraissent réunies au xiiic siècle. On sait que l’usage de construire dans les églises des crèches, à l’occasion de Noël, remonte à saint François ; on rapporte que le saint se trouvant à Grecio, dans la vallée de Rieti, à l’époque de cette fête, en 1223, fit apporter une mangeoire et représenter entre le bœuf et l’âne, le divin Enfant qu’il serrait dans ses bras. Il avait invité à cette fête les habitants voisins, et pendant la messe qu’on y célébra, il faisait l’office de diacre. Après avoir lu l’Évangile, il parla au peuple de l’amour qu’on devait au Sauveur. Il obtint à cette occasion tout ce qu’il voulut de Giov. Velata, seigneur du château de Grecio, qui vit en songe un délicieux enfant posé dans une crèche et caressant saint François. Ce Sont ces circonstances que retrace la fresque, dont nous mettons la copie sous les yeux de nos lecteurs. (PI. XX.)

L’église d’Assise fut finie de construire vers le milieu du xme siècle, il est donc présumable que ce tableau remonte à la seconde moitié. Il renferme une multitude de renseignements liturgiques des plus intéressants et qui, bien que sortis d’un pinceau relativement moderne, nous apportent l’écho de traditions très-anciennes, telles que les guirlandes de feuillages suspendues pour les jours de fête sous les architraves du ciborium, les bas-reliefs des frontons, les chandeliers sur la trabe, etc. On remarquera toutefois des particularités nouvelles. Le chœur est fermé, et si la foule des fidèles y est introduite et mêlée à la schola, c’est en raison de la solennité. Il n’est accessible du côté de l’église que par une porte, au-dessus de

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