QUAND ELLE PASSE
L'alouetle dit:
— J'ai entendu une alouette.
— Eh ! oui, dis hi nuée passante, rose d'un peu d'aurore ; c'est ton chant que tu as ente adu.
— Non, dit l'oiseau, ce n'est pas mon chant.
La violette dit :
— J'ai senti le parfum d'une violette.
— Ehl oui, dit la mousse touffue où se mêlent de petites fraises; c'est ton parfum que tuas respiré.
— Non, dit lalleur,cen'estpas mon parfum, La pourpre dit ;
LES AMOURS DE MADELEINE 26d
— J'ai VU la rougeur de la pourpre.
— Eh 1 oui, dit l'hermine du manteaucardinalicequitraînesurlesmarchesderéglise; c'est ta couleur que tu as vue.
— Non, dit la pourpre, ce n'est pas ma couleur.
Alors, l'alouette, et la violette, et la pourpre :
— Voilà qui est bien étrange; et l'on ne s'explique pas qu'il y ait chant d'alouette, qui n'est point d'alouette, parfum de violette, qui n'est pas de violette, etrougeur de pourpre, qui n'est pas d'un manteau de pourpre.
Mais moi :
— Eh ! dis- je, de quoi vous étonnez-vous ?
Sous la nue rose d'aurore, et dans la mousse mêlée de fraises, et sur les marches de l'église, Madeleine a passé, chantante, parfumée, et les lèvres si rouges I