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d'insectes et de plumes d'oiseaux joncheraient le champ du combat.

Inquiet, je dis aux roses :

— Prenez pitié, de grâce I Que la crainte^ (lu moins vous conseille la justice. Il sied, quand les abeilles se posent sur vos cœurs, que vous leur soyez douces, et que, parfois, réchange d'un baiser les console et les encourage.

Et je dis aux papillons :

— C'est vrai que vous n'avez d'autre souci, vous, que de vous émerveiller des œillets et des jacinthes. Soyez équitables aux faiseuses de miel ! Ne leur enviez pas une part des parfums qui sont votre délice.

Et je dis aux oiselets :

— Poète, je vous aime, parce que vous chantez! Pourtant vous auriez tort de ne pas être miséricordieux, vous qui vous bercez en la rythmique paresse des mélodieuses bran-

ches, à celles qui peinent, sans chanson, dans la sombre ruche.

Mais une petite églantine , très féroce :

— Eh ! les abeilles ont des aiguillons tout à fait insupportables ! Ce qui me plairait, c'est qu'on les tuât toutes.

Mais un papillon, très libertin :

— Eh!pourquoi partageraîs-jeavecdevîls insectes l'aimable odeur des fleurs éprises?

H n'est que tempsqueronme délivre de ces importunes rivales.

■ Mais un rossignol, rêveur :

— De quoi me parles-tu! je ne t'entends, ni ne veux t'entendre ; ce qui m'importe, c'est d'écouter, dans l'écho, le souvenir de mon chant.

De sorte que le bois ne s'attendrit pas <lu tout des plaintes des abeilles, et il n'eut d'autre soin que de vaincre la rébellion des laborieux insectes. Les épiniers allongèrent

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leurs épines, pour la défense des buissons fleuris. Les araignées préparèrent des embûches. Les insectes guerriers voletèrent en ordre de bataille. Les frelons se ruèrent violents et sonnant des fanfares belliqueuses! Les oiseaux eux-mêmes, s'élançant d'entre les branches, fondirent sur l'essaim sorti des tristes ruches ! Et celui-ci, devant le nombre et la force, recula, se dispersa, se réfugia, vaincu mais plein de rage, dans les sombres ateliers de miel.

Alors, dans le bois, dans le bois merveilleux, la fête, après la victoire, recommença, plus joyeuse, plus lumineuse, avec plus de roses aux branches, avec plus de rosée et de papillons aux pointes de brins d'herbe, avec plus de ramages dans les broussailles fleuries; et c'était une universelle joie.

Mais moi, étendu sur la mousse, la tête à la racine d'un vieil orme, je pensais, en

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mon rêve pénétrable à la réalité des choses, qu'elles reviendraient, les abeilles, plus nombreuses, plus redoutables, furieuses, invincibles, et je plaignais les roses, les papillons et les rossignols...

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