‹ La métachromatine chez les Algues et les ChampignonsChapitre 2 sur 3 · Une asque avec 4 spores. — Gr · texte numérisé non relu

Une asque avec 4 spores. — Gr

16 et 17. Déformations pathologiques des conidiophores dont les cellules terminales s’hypertrophient et deviennent ovoïdes ou piriformes aplaties. ~ Gr. : l 000.

18 et 19. Cellules des filaments végétatifs renflés, montrant les corpuscules métachromatiques. — Gr. : 1 000.

M. Dangeard, remplacé au fauteuil de la présidence par Dismier, fait la communication ci-dessous :

et les Champignons;

PAR M. P.-A. DANGEARD.

Les recherches d’un grand nombre d auteurs, parmi lesquels Habès, Butschli, Meyer, Lauterborn, Dangeard, Guilliermond, Bauverie, Moreau, Lutz, ont attiré l’attention sur 1 existence, c ^ ez beaucoup de Protophytes, d’une substance chromatique

qui a été désignée sous le nom de chromatine, de métachromatine ou encore de volutine ; on la retrouve chez les Protozoaires

avec les mêmes propriétés générales.

Cette substance a été décrite sous la forme de grains arrondis

qui prennent une coloration rouge vineux par certains réactifs, tels que le bleu de méthylène, le bleu de crésyl, le bleu polychrome, l’hématoxyline, etc. On donne à ces grains le nom de corpuscules métachromatiques : Meyer a indiqué un certain nombre des réactions les plus caractéristiques présentées par

cette substance.

L’opinion qui tend actuellement à prévaloir, d’après les nombreux mémoires publiés par Guilliermond et aussi à la suite des recherches de Moreau, consiste à considérer les corpuscules métachromatiques comme provenant d’un chondriome. Les grains apparaîtraient à l’intérieur des mitochondries, quelle que soit la forme de ces dernières; ils émigreraient ensuite dans les vacuoles en conservant une enveloppe mitochondriale; ils subiraient alors un accroissement plus ou moins considérable, à la suite duquel ils seraient parfois le siège d’une sorte de pulvérisation ou d’émiettement en corpuscules plus petits ; finalement, ils seraient utilisés comme substance de réserve après s’être dissous dans le suc cellulaire.

L’histoire de la métachromatine, d’après nos propres observations, se présente, dans la cellule, d’une façon très différente de celle qui vient d’être résumée.

Nous prendrons comme exemple une Diatomée, dont les cellules sont unies en longs filaments, Y Himantidium pectinale- Elle se prête admirablement à cette étude. Nous ajouterons que les choses se passent exactement de la même façon dans tous les Champignons que nous avons examinés : Saccharomyces, Oïdium, Bactridium, Mucor , Pénicillium , Aspergillus et aussi dans diverses Algues appartenant aux genres Ulothrix, Conferva, Chælophora, etc.

Les cellules d’ Himantidium présentent toutes la structure suivante qui se voit nettement, soit sur le vivant, soit après l’action des réactifs fixateurs et des colorants : au centre, un noy& u nucléolé; autour de ce noyau, une mince couche de protoplasma qui se prolonge en cordons très fins et peu nombreux*

DANGEARD.

anastomosés par endroits et qui rejoignent une mince couche de protoplasma' pariétal tapissant la paroi interne des deux valves; sur les deux faces latérales, se trouvent les deux chromatophores très minces à la surface desquels circulent aussi les fins cordons de cytoplasme ; les globules d’huile, de grosseur très variable, sont placés à la surface interne des chromatophores et aussi dans le cytoplasme qui entoure le noyau ou dans celui qui forme les trabécules.

Notons, contrairement à une opinion qui a été émise récemment, que les globules d'huile n’appartiennent pas aux chromatophores, mais se trouvent dans le cytoplasme même; la remarque s’applique également aux Chlorophycées.

Tout le reste de la cavité cellulaire est rempli, sur le vivant, d’un suc vacuolaire d’apparence complètement homogène; il n’existe à ce moment aucune trace de corpuscules métachroma-

tiques quelconques.

Employons maintenant directement, sous la lentille du microscope, une coloration vitale au bleu de méthylène ou au bleu de crésyl : en quelques secondes, alors que le noyau et le protoplasma restent incolores, il se produit une pénétration du colorant dans la grande et unique vacuole centrale : on y voit apparaître un grand nombre de corpuscules arrondis de grosseur très variable qui accumulent à leur intérieur la substance colorante et deviennent d’un rouge vineux, alors que la solution employée est à peine teintée. Pour expliquer ce phénomène, °n peut admettre que la rnétachromatine dissoute dans le suc cellulaire, forme avec le colorant une sorte de combinaison qui s accumule autour de centres de formations plus ou moins nombreux. La consistance des corpuscules ainsi formés, alors que ta cellule conserve toute sa vitalité, est de nature visqueuse : la combinaison, à cet état, est instable, car il suffit de faire passer de 1 eau sous la lamelle pour la faire disparaître et pour rendie

au suc vacuolaire son aspect homogène.

Toutes les cellules d’un filament, même celles qui sont en division, se comportent de la même façon à 1 état vivant, le cytoplasme et le noyau ne retiennent aucune trace du colorant. Ce n est qu’avec la diminution de la vitalité, au bout d un temps très long et qui dépend de la concentration du bain, qu’une

Page 1