‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 110 sur 172 · Psychologie als'Wissenschaft, S 131, t. VI, p · texte numérisé non relu

Psychologie als'Wissenschaft, S 131, t. VI, p

Naturellement la formation des catégories particulières précède celle des catégories plus générales. Considérons seulement l'une quelconque de ces catégories particulières, par exemple le concept de voir, et demandons-nous quelle en est l'origine. Lorsqu'une couleur est perçue, cette représentation se trouve précédée d'un groupe d'autres représentations (représentations relatives au mouvement de l'œil, au relèvement des paupières, etc.), avec lesquelles elle fusionne. Si plus tard la même couleur vient de nouveau à être perçue la représentation primitive est reproduite : elle entraîne avec elle le groupe de représentations auquel elle est unie et qui apparaît par rapport a elle comme un antécédent (als ein Vorhergehendes). La couleur elle-même semble donc faire son apparition (eintreten) après quelque autre chose. Après un grand nombre d'expériences analogues, où la couleur apparaîtra toujours à la suite d'un certain antécédent, la représentation d'ensemble (der Gesammteindruck) de ces antécédents formera le concept de voir par opposition aux couleurs qui sont vues. De même se formeront les concepts d'entendre, de goûter, etc. Une fusion nouvelle des représentations d'ensemble constituant ces diverses catégories particulières donnera le concept plus général de sentir; et de même seront obtenus les concepts de savoir, vouloir, agir. Enfin par une dernière fusion sera formé le concept du sujet, conçu comme un certain fonds, extrêmement confus, que présuppose (vorausselzt) tout phénomène psychique, qui dès lors apparaît comme un objet. Ce fonds confus est le percevant qui s'approprie en quelque sorte (aneignet) le phénomène perçu '. Antécédent commun et premier terme de toutes les séries de

1. Psychologie ala Wissenschafl, $ 131, l. VI, p. 23!! et siiiv.

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faits psychiques, il constitue le Moi qui semble se transporter tout le long de la chaîne des repréi^enla lions, dont chacune apparaît comme accidentelle par rapport à lui, bien que sans les représentations le Moi lui-même ne saurait exister, résultat parfaitement conforme à celui de l'analyse. Selon qu'il est le sujet d'une pensée, d'un désir, d'une action, il est représenté comme sentant, pensant, agissant; il est conçu ullérieurement comme ayant la faculté de penser, de sentir, d'agir. C'est justement le Moi tel que l'entendent la plupart des philosophes.

Enfin, de ce moi ainsi constitué au Moi sujet-objet de Fichte, il n'y a plus qu'un pas : une dernière abstraction suffira pour le franchir. Suivant une remarque très juste de l'auteur de la Wissenschaftslehre le Moi se révèle surtout dans l'action : c'est dans l'action en effet que le caractère du Moi ou du sujet comme antécédent, comme premier terme d'une série de représentations apparaît le plus manifestement. Or par l'abstraction le Moi conçoit l'activité indépendamment de toute action réelle : il y a donc là une connaissance à laquelle ne correspond aucun objet (ein blosses Wissen); et à la place de la perception d'une action réelle, la perception de cette connaissance qui se transforme ainsi en un objet de connaissance. Dès lors la connaissance et l'objet connu (das Wissen unddas Gewusle) ne forment plus qu'une seule et même chose; l'objet est identique au sujet '.

Nous sommes ainsi arrivés à la fin de ce long travail de reconstruction qui parlant du phénomène primitif de la représentation aboutit au Moi sujet-objet de Fichte; et nous pouvons constater par l'exposition malheureusement trop brève qui précède, que si Ilerbart n'a pas tou-

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