Psychologie als Wissenscha/'t, $ 136, t. VI, p
jours résolu d'une manière complètement satisfaisante les difficiles problèmes qui se présentaient à lui dans son œuvre synthétique, on ne saurait du moins l'accuser de ne les avoir point vus ou de les avoir volontairement négligés. Nous serions maintenant en état de résumer sa théorie de la connaissance, si quelques questions de l'ordre métaphysico-psychologique ne méritaient de nous arrêter encore quelques instants : Quelles différences existe-t-il entre l'homme et l'animal? En quoi consiste l'union de l'àme avec le corps ?
L'homme et Tanimal.
Les philosophes qui ont commis l'erreur d'admettre des facultés ont été naturellement portés à voir dans l'homme un être d'une essence supérieure qu'ils ont en conséquence généreusement doté de pouvoirs spéciaux, entendement, raison, intuition intellectuelle, de formes a priori et de dispositions naturelles de tout genre. Mais lorsque l'analyse a fait évanouir toutes ces chimères, lorsque l'àme humaine a été ramenée à ce qu'elle est réellement, une table rase, sans aucune puissance originelle, sans formes a priori, sans concepts primitifs ou disposition particulière à les former, l'abîme arbitrairement creusé entre l'homme et l'animal disparait. « C'est, dit Herbart, une hypothèse indémontrable et même invraisemblable que celle qui fait de l'Ame humaine une espèce d'Ame particulière, dans la nature de laquelle le développement ultérieur de l'humanité serait originellement prédéterminé '. » Et à mesure que l'homme perd de son caractère
4. Wcder bewciscn nocli aiicli niir walirschcinlich tnachen 1/lssl sich die Hypothèse dass dio tncuschliclien Scclcn cino cigcne Arl von Scelon
d'être supérieur, l'animal s'élève d'autant. Aux Kantiens qui font de l'intelligence le propre exclusif de l'humanité, la psychologie empirique n'a qu'une réponse à faire : « Observez les chiens! * » L'esprit humain doit donc cesser de constituer l'objet exclusif de la science, et la psychologie doit cesser d'être ce qu'elle était : une anthropologie *; c'est-à-dire que la nécessité d'une psychologie comparée s'impose. Mais en même temps que l'animal se rapproche de l'humanité, les différences entre les diverses races humaines apparaissent au contraire plus marquées. La raison n'est plus une et indivisible : produit du mécanisme psychique et non plus faculté primitive, elle est susceptible d'une infinité de degrés, comme le prouve d'ailleurs l'expérience; rudimentaire et à peine perceptible chez les Buschmen et les Fuedgiens, elle atteint chez les Européens son maximum actuel de puissance. D'où l'importance de la psychologie ethnique qui s'est en effet principalement développée dans l'école de Herbart, et la nécessité de faire intervenir en psychologie des considérations historiques '.
Toutefois la tendance de Herbart à rapprocher l'animal de l'homme ne va pas jusqu'à lui faire oublier les différences qui existent entre eux et la supériorité incontestable de l'un sur l'autre. Si cette supériorité ne provient pas d'une constitution psychique originelle, quelles en sont donc les causes? Il les ramène à trois principales : l'homme a une main; il parle; la durée de son enfance présente une longueur exceptionnelle.
ausmachen, in deren BeschafTenheit ursprûnglich die menschliche Ausbildung vosbeslimnnl sei (Psych. als Wiss., Jj 129, t. VI, p. 206).
1. Das Einzige wasdie empirische Psychologie dflruberzu sagen nôthig hat, isl : beobachlet die Uunde {Psych. als Wiss., $ 124, t. VI, p. 174).