VIII AVANT-PROPOS
principal point de mire des diverses attaques dirigées contre la philosophie nouvelle.
Quelle que soit l'admiration, légitime ou excessive, que l'on éprouve pour la grandeur morale de Fichte, pour la puissante imagination et le lyrisme de Schelling, pour la profondeur et le génie dialectique de Hegel, il ne saurait être sans intérêt d'opposer à des systèmes, dont le temps a d'ailleurs singulièrement affaibli l'influence, les essais métaphysiques d'un penseur qui sans doute n'a pas les sublimes envolées de ses adversaires, mais qui se recommande aux amis de la philosophie par la finesse et l'originalité de ses aperçus, par la fermeté de son jugement, par la sûreté de sa critique et par son rare souci de l'exactitude. Herbart mérite assurément d'être tiré de l'oubli dans lequel il est tombé, ou plutôt dans lequel il est resté, au moins dans notre pays, car en Allemagne, où l'Hégélianisme lui-même a vécu, l'école qu'il a fondée est encore florissante, pleine de vie et de mouvement, et compte parmi ses représentants des hommes de la plus haute valeur. Ce que cette école a surtout développé ce sont les idées psychologiques et pédagogiques du maître. Aussi faudrait-il étudier chez Herbart, dans tous les détails, le psycliologue original et ingénieux qui n'a pas craint d'appliquer, avant les psycho-physiciens, et dans une plus large mesure, les procédés rigoureux du calcul aux faits de conscience de tout ordre, et aussi le professeur émincnl qui nous a laissé les utiles conseils do son expé-