‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 27 sur 172 · Allyeiiieine Melaphysik, 3 2U · texte numérisé non relu

Allyeiiieine Melaphysik, 3 2U

demande ce qu'il est advenu de son âme. Cette àme estelle immortelle? L'esprit de mon ami subsiste-t-il encore? Je ne me demande pas encore : où est-il? comment estil? et quel est-il? Mais seulement : existe-t-il? Je puis avoir de mon ami une image aussi fidèle, aussi nette, aussi vive que l'on voudra : cette image que j'en ai n'implique point son existence. « La perfection de l'image est « totalement étrangère à l'existence de son objet (aile « Vollkommenheit des Bildes ist fremdartig dem Sein « des Gegenstandes). L'image en elTet est en moi et par moi « seulement; et lorsque je me demande si mon ami existe « encore, j'entends : est-il en soi (an sich)' indépendam- « ment de moi et de ma représentation. Si j'admets son « existence, je le pose donc absolument (schlechthin). » On voit assez clairement, ce semble, ce qu'est pour Herbart le concept de l'être. Il ne s'agit jusqu'ici que d'un simple concept; mais l'auteur de la métaphysique va en faire l'application sans tarder; et cette application il la fera, suivant son principe fondamental, en s'appuyant sur cela même qui est donné. Or ce qui est donné, comme on l'a vu dans la méthodologie, ce sont des choses avec de multiples caractères (Dinge mit mehreren Merkmalen). A ces choses le sens commun applique de luimême le concept d'être, bien qu'à vrai dire le concept d'existence (das Dasein) seul leur convienne exactement : il les considère comme existant en soi et les pose absolument. Seulement on ne saurait s'en tenir à cette affirmation spontanée du sens commun qui tombe facilement sous les objections du scepticisme. Dans ces choses douées de propriétés multiples, on peut en effet, comme nous savons, distinguer une matière et une forme. Or la matière, c'est-à-dire les sensations, n'existe que dans le sujet; et la forme, outre qu'elle implique de multiples

contradictions, si elle n'est pas, comme le pensait Kant, un apport a priori du sujet dans la connaissance, résulte, comme le montre la psychologie, du mécanisme psychique par la combinaison et la fusion des représentations, de telle sorte qu'elle n'a pas non plus d'existence indépendante et, non plus que les sensations elles mêmes d'où elle procède, ne saurait être absolument posée. Il semble donc qu'en définitive le concept d'être ne trouve où se prendre.

Il faut cependant s'en tenir au donné, car c'est sur lui que repose tout notre espoir de trouver l'être ». Il ne s'agit pas même pour la science d'essayer d'en fortifier l'autorité, ce qui serait, dit Herbart, une entreprise ridicule et plus folle encore que de porter des chouettes à Athènes, mais de le comprendre et de l'interpréter. Pour triompher du doute, il suffit de lui donner libre carrière : de lui-même il s'arrêtera (er wird irgendwo von selbst ein Ende finden). Mais il nous faut laisser ici la parole à l'auteur pour ne point encourir le soupçon d'affaiblir la force de son argumentation sur un point de cette importance. « Les formes de l'expérience, qu'elles soient « ou non contradictoires, dépendent de la sensation (haf- « ten an der Empfindung). Mais les sensations no sont « pas des choses, ce sont des états de conscience. D'autre « part la matière de l'expérience consiste dans des sen- « sations. Ainsi aucune chose, rien de réel ne nous est * donné. Que savons-nous donc du Réel? Rien. Et nous « dirons par conséquent : Rien n'est; il n'y a pas d'être! « (Niciils ist; es giebl kein Sein!)

« Il est facile d'énoncer celte proposition, mais non pas « de s'y tenir. Que l'on se plonge dans le néant, autant que

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