‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 26 sur 172 · Allgeineine Melaphysik · texte numérisé non relu

Allgeineine Melaphysik

Aussi, comme le remarque justement Hcrbort, pour ruiner la preuve ontologique, Kant dut-il tout d'abord s'attaquer à cette conception erronée de l'existence. « Cent thalers réels, dit-il, ne contiennent absolument rien de plus que cent thalers possibles » (hundert wirkliche Thaler enthalten nicht das Mindeste mehr als hundert môgliche). L'être n'est point un prédicat réel, il n'est que la position de la chose (Sein ist kein reaies Prédicat... es ist bloss die Position des Dinges). Cette restitution du véritable concept de l'être est, d'après Herbart qui cite tout au long le passage de la Critique \ le plus grand service que Kant ait rendu à la philosophie, et suffirait à lui assurer une place parmi les plus illustres penseurs de tous les temps : la réfutation de la preuve ontologique est la partie essentielle de la Critique de la Raison Pure, comme celle-ci est l'œuvre maîtresse du grand philosophe.

Conformément à la conception de Kant, Herbart définit l'être en disant qu'il consiste dans l'absolue position (das schlechthin Setzen, die absolute Selzung). « Affirmer que A est, c'est affirmer que A est posé purement et simplement (erklâren dass A sei, heisst erklàren, es soll bei dem einfachen Setzen des A sein Bewenden haben*). Cette position absolue exclut toute relation à un sujet pensant aussi bien qu'à un objet dont l'être serait ■un attribut; elle exclut toute restriction, toute condition, toute négation aussi, car non-A ne peut être conçu que par rapporta A, Veut-on, dit Herbart \ un exemple qui prouve que tel est bien ce qu'il faut entendre par le concept de l'Être? Un de mes amis est mort et je me

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