‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 51 sur 172 · Lehr/iuch ziir l'sijrholoyie, .S · texte numérisé non relu

Lehr/iuch ziir l'sijrholoyie, .S

analogie avec nos propres perceptions que nous pouvons concevoir ce qui se passe dans les autres monades.

Nous voyons en même temps par ce qui précède que les propriétés diverses des corps, ces qualités sensibles que nous leur attribuons, ne sont que nos propres actes de conservation individuelle. Elles né nous font nullement connaître la qualité vraie des êtres simples avec lesquels notre âme se trouve en connexion; elles n'expriment pas plus la nature même de notre âme que celle des autres êtres simples, mais seulement les oppositions diverses de la qualité essentielle de l'une vis-à-vis de la qualité essentielle des autres.

Nous voyons enfin quel est le rapport existant entre les deux manières dont Herbart entend la causalité. Lés êtres simples en connexion avec l'âme sont les causes de ses représentations, c'est-à-dire de ses actes propres de conservation individuelle, au second sens du mot ; mais comme ces représentations de l'àme sont en même temps ce que nous appelons qualités sensibles des corps, ces mêmes êtres simples sont aussi des causes dans le premier sens. Ils sont donc causes au premier sens en tant qu'on les considère dans leur connexion avec l'être simple qui constitue la substance correspondant à l'objet, au second sens en tant qu'on les considère dans leur connexion avec l'àme elle-même. Mais la première forme de causalité ne se rapporte qu'à l'apparence, la seconde se rapporte au phénomène réel. C'est ainsi que se trouvent résolues du môme coup les diverses questions qui se présentaient à la fin de l'étude précédente.

i04 LA MÉTAPHYSIQUE DE HERBART.

Résumé de l'ontologie.

, Nous pouvons maintenant résumer brièvement l'ontologie tout entière pour en embrasser d'un seul coup d'œil les résultats les plus importants.

Les choses avec leurs propriétés multiples et changeantes, aussi bien que le Moi, type de toute existence pour le vulgaire et même pour certains philosophes, ne sont point des réalités, mais seulement des expressions de la réalité, produits complexes du mécanisme psychique. Sous ces apparences se trouvent cachés en même temps qu'exprimés les êtres véritables, absolument simples et immuables dans leur qualité essentielle, susceptibles d'être tantôt séparés (nicht zusammen) et tantôt en connexion (zusammen). Leur connexion doit d'ailleurs être conçue indépendamment de toute détermination d'espace : les êtres simples sont comme des points mathématiques et dans leur concursus ils se pénètrent totalement, bien que la qualité simple et sans degré qui constitue leur essence ne soit en rien altérée, augmentée ou diminuée. Dans ce concursus il se produit cependant quelque choFC, le phénomène réel (das wirklichc Geschehen) : chaque être simple tend ù détruire l'autre et le détruirait réellement, si celui-ci ne résistait à la destruction partielle ou à l'altération qui le menace (Storung, pcrturbfilio) par un acte pur de conservation individuelle (Sclbstcriialtung, conservatio sui). Ces perturbations et ces actes de conservation individuelle diffèrent suivant la nature particulière des êtres en connexion, un même être étont susceptible d'unD infinité d'oppositions diverses,

dont chacune est relative à un point de vue accidentel particulier (zufâllige Ansicht, modus quidam cogitandi). L'âme est un être simple parmi les autres êtres simples : elle perçoit seulement les actes par lesquels elle se conserve dans l'intégrité de sa nature vis-à-vis des êtres simples en connexion avec elle, sans pouvoir pénétrer jusqu'à la qualité simple et immuable qui constitue son essence, sans pouvoir connaître davantage la qualité vraie des êtres simples tantôt en connexion avec elle et tantôt séparés, non plus que leurs propres actes de conservation individuelle. Les actes de conservation individuelle qui lui sont particuliers et qui seuls sont l'objet de sa connaissance, elle les appelle ses sensations ou ses représentations (Vorstellungen). Mais ces diverses représentations lui sont toujours données sous la forme de groupes, d'aggrégats que nous appelons des choses (Dinge) et auxquels nous attribuons l'unité en vertu d'un mécanisme psychique dont rendra compte la psychologie. L'interprétation de ce fait par la méthode des rapports (Die Méthode der Beziehungen, Melhodus notionum integrandarum) conduit à poser pour chacun de ces aggrégats un être simple qui est la substance (l'âme elle-même est une telle substance correspondant à cette apparence qui est le Moi) en connexion avec divers groupes d'autres êtres simples qui constituent respectivement les causes des diverses propriétés des objets. Quand un changement apparent (Verânderung) se produit dans les choses, quand un accident disparaît et est remplacé par un autre, c'est que le groupe d'êtres simples qui constitue la cause de cet accident, cesse d'être en connexion avec la substance, pendant qu'un autre groupe différent prend sa place. Il y a donc un être simple qui demeure toujours dans les connexions successives, celui-là même

qui joue le rôle de substance, et c'est en cela que consiste la perdurabilité de la substance/Tant que cet être simple substance est en connexion avec cet autre être simple substance, qui constitue l'âme, l'objet est considéré comme présent; la connexion vient-elle à cesser, toutes les représentations, dont elle était l'origine, cessent du même coup et l'objet est considéré comme absent. Il y a donc une sorte de va-et-vient (ein Kommen und Gehen) des êtres simples, tantôt en connexion et tantôt séparés. Pour expliquer ce va-et-vient il faut sortir de l'Ontologie et pénétrer dans la Synéchologie.

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