Ibid., S
tante de Herbart à chercher dans les mathénaatiques un moyen d'éclaircir les points obscurs de la métaphysique.
Ce concept de continuité, moins simple qu'on ne le suppose ordinairement, est d'ailleurs éminemment contradictoire. En effet la continuité est union dans la séparation et séparation dans l'union : c'est là déjà une première contradiction d'où beaucoup d'autres découlent. Dans une portion limitée du continu, il doit en effet y avoir une infinité de parties, de telle sorte que la même quantité est à la fois finie et infinie. Le continu doit avoir des éléments puisqu'il est une quantité, et cependant on ne saurait arriver jusqu'à ces éléments derniers, encore moins reconstituer le tout avec les éléments *. Ces contradictions sont d'ailleurs tellement évidentes qu'elles ont été aperçues de tout temps par les philosophes, quoique la plupart d'entre eux n'en aient tenu nul compte.
Et cependant, quoique contradictoire, le continu est manifestement donné dans l'expérience, ou du moins c'est un de ces modes de représentation dont on ne saurait se dégager (eine Vorstellungsart deren man sich Niemand losreissen kann '). Nous nous trouvons ainsi en présence d'un concept contradictoire qui n'est point arbitrairement formé, mais qui est un produit naturel et nécessaire de la pensée. Conviendra -t-il donc de lui appliquer la méthode de résolution déjà employée pour les choses douées de propriétés multiples et changeantes ou pour le Moi individuel, qui présentent aussi ce double caractère d'être contradictoires et réellement donnés à l'esprit? Nullement; car les conditions ne sont plus les mêmes. Le continu ressemble beaucoup moins aux choses,