‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 94 sur 172 · Lehrb. zur Psych · texte numérisé non relu

Lehrb. zur Psych

PSYCHOLOGIE DE IIERBART. 177

logie se rattache à la métaphysique, objet spécial de cette étude.

Occupons-nous d'abord des phénomènes affectifs et volitifs. « Les affections (die Gefuhie) et les désirs (die « Begierden) ne sont point altachésà la représentation en « général, mais ont toujours leur origine dans certaines « représentations déterminées '. » Ils ne constituent point cependant un ordre à part de représentations, mais « ce sont des états, des manières d'être le plus souvent fugitives et changeantes des représentations* ». En d'autres termes, ils naissent dans certaines circonstances déterminées du jeu même des représentations.

Les affections sont d'origines très diverses. Ainsi, certaines affections (les sensations) prennent naissance lors des fusions qui ont lieu entre représentations de môme nature antérieurement à l'arrêt ; et leur caractère agréable ou pénible dépend du rapport d'opposition qui existe entre les représentations. Par exemple l'ensemble de deux sons produira dans l'àme un plaisir ou une douleur, suivant le rapport que ces deux sons présentent entre eux. La remarque a manifestement son origine dans l'observation des plaisirs et des douleurs de l'ordre esthétique; mais Herbart généralisant croit pouvoir l'appliquer aux sensations de toute nature. Allant plus loin, il cherche à déterminer exactement par le calcul le rapport qui doit exister entre les sensations pour qu'il y ait plaisir ou douleur et arrive ainsi à cette double loi : « Si « les forces résultant de la décomposition des représen- « tations suivant leur ressemblance et leurs oppositions

1. Gefiihle und Begierden nicht im Vorstellen ûberhaupt, sondera allemal in gewissen beslimmlen VorsleiUingen ihren Sitz haben (ibid., S 38).

2. Gefiihle und Begierden sind Zuslânde und zwar grôsserntheils wandelbare Zuslânde der Vorslellungen [ibid., § 33).

« sont égales, il y a alors disharmonie. Il y a au contraire « harmonie si l'une de ces forces est vis-à-vis des autres « dans un rapport tel qu'elle soit refoulée exactement « jusqu'au seuil même de la conscience *. »

Les sentiments proprement dits ont une origine différente. Pour prendre quelques exemples, supposons qu'une combinaison « -4- a soit reproduite grâce à l'intervention d'une représentation nouvelle qui présente avec a quelque analogie. Admettons aussi qu'au moment même où la combinaison « -i- a remonte dans la conscience, une autre représentation |3 opposée à a s'y produise. Alors a se trouve à la fois sollicitée en deux sens différents, par a qui tend à la faire remonter dans la conscience, et par p qui tend au contraire à la refouler. De ce tiraillement naît un sentiment douloureux ^ Ainsi la vue d'un objet ayant appartenu à un ami qui n'est plus évoque la représentation de cet ami, et en même temps l'idée de sa mort tend à refouler cette représentation : d'où le sentiment pénible que nous éprouvons.

Un sentiment agréable se produit au contraire dans les conditions opposées. Supposons qu'une représentation soit immédiatement reproduite, et qu'en même temps d'autres représentations agissent médiatement sur elle. La vitesse avec laquelle elle remonte dans la conscience ne saurait être augmentée par ces actions sinmltanées, mais son mouvement ascensionnel se trouve nécessairement facilité : de là le plaisir '.

Il y a assurément une part de vérité dans ces considérations; il semble en effet que le plaisir dépende dans une certaine mesure du libre jeu dos représentations et

K. Lchrbuch zur Psychologie, S 34.

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