‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 41 sur 87 · Guide, II, cil. |3, p, luj il suiv · texte numérisé non relu

Guide, II, cil. |3, p, luj il suiv

Dieu a. évoqué l'univers dans sa totalité du néant pur et et absolu. A Torigine Dieu seul existe. Il a produit tous les êtres île par sa lijjre volonté. Le temps lui-même a été créé, puisqu'il accompagne le mouvement, lequel est un accident de la chose mue, et que celle chose même dont le temps accompagne le mouvement a été créée. Que si l'on dit : « Dieu fut avant de créer le monde » — où le mot « fut» semble implitjuer le temps — il n'y a là qu'imagination mais non pas réalité de tem])s, attendu que le tenqis est un accident, et un accident créé au même titre que la noii-ceui" et la blancheur. Ailirmer l'existence du tenq)s avant le monde c'est admettre l'éternité , car le temps étant un accident auquel il faut un substrat, il s'ensuivrait qu'il a existé quehpie chose avant l'existence de ce monde (').

2° Suivant la deuxième f>pinion (]ui est celle de Platon, il n'est pas ])ossii)le ([u'un être quelconque, ayant matière cl forme, soit n('' sans que la matière ait préexisté. Créer le monde rx nihilo est aussi impossible que de réunir au même instant les deux contraires. La matière est coéternelle à Dieu. Mais Dieu la façonne à son gré. Pour les tenants de cette conception, le ciel a été formé par Dieu, bien qu'il ne soit pas né du néant absolu conune le croient les sectateurs du mosaisme.

3° La troisième opinion est celle d'Aristote. 11 allirme lui aussi la préexistence de la matière. Mais il soutient en plus que l'univers, tel qu'il est, tel il a été de toute éternité, et tel il sera à tout jamais. Ciel, temps, mouvement sont éternels. La matière pi-emière en elle-même n'est pas née et ne périra point, elle ne fait que revêtir de nouvelles modalités.

Maimonide discute l'opinion d'Aristote : les objections élevées contre lui vaudront à plus forte raison contre les autres philosophes (''). Maïmonide expose sept démons-

1. Cf. 11)., cil. i;, p. i33; ch. i3, p. io5; ch. 3o, p. 23i et 234

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