‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 52 sur 87 · I. Guide, III, ch. i»; p. i4i- — a. Ib., ch · texte numérisé non relu

I. Guide, III, ch. i»; p. i4i- — a. Ib., ch

Rapports de dieu avec le moxde 85

Ce (jui parait plus (lifliiilc, c'est que la science divine onihrassc l'infini. Pour éviter cette difficulté, on a soutenu que la science divine ne porte direclcnicnt que sui- le permanent, c'est-à-dire sur les individus du monde supérieur et sur les espèces du monde sublunairc. Mais d'autres ont olijccté que cette opinion n'exclut point la multiplicité de la science diviiie. cl ils ont abouti à cette conclusion que Dieu ne connaît ((uc sa piopre essence.

Pour ma part, dit Ma'inionidc, je pense que la cause de tous ces embarras réside dans le l'ait d'avoir établi un rap- [)oi-t entre notre science et celle de Dieu. Dire, comme les philosophes, que nos intelligences sont incapables de conq)rendre l'essence divine, c'est (h'clarer par là même quelles sont incapables de concevoir cumulent il a connaissance des choses. Cctle connaissance n'est pas la même ([ue la nôtre, pour (jue nous la puissions juger par analogie. Il n'y a là qu'homonymie, communauté de noms, mais nul rapport véritable.

En ce qui regarde la question du possible, le fiiit pour Dieu de savoir qu'un être possible quelconque arrivera à l'existence ne fait aucunement sortir cet être [xissible de la nalure du possible. La connaissance anticipée des futurs conliiigenls n'exige pas (pie l'un d'enire eux se réalise iiéeessaii'eiuenl. Toute la législation sacrée implique le princii)e que la prescience divine ne fait pas sortir le possible de sa nature.

La science de Dieu dill'ère de la nôtre : i" en ce que cette science qui est une embrasse une multitude d'objets d'espèces <lillçrenles ; a" en ce iiii'elle porte sur <c ipii n'est [)as encore: '5' en ce qu'elle s'attache à ce ([ui est infini : ] en ce qu'elle ne subit pas de changement par la percei>lio]i des choses nouvellement survenues ; 5" en ce que la prescience divine ne lige pas pour ainsi dire l'un des deux cas [)ossibles, bien {[ue Dieu sache d'avance (l'une manière firéeise lequel des deux se réalisera.

l'.ii icsiiinc.di' iik'iiic (|iie sanssaisii' la NcM'ilable essence de l)iru, iiiiii-' sa\()ns [pourtant que son rire est le plu-;

parfait, quil n'est affecté d'aucune imperfection, ni passion, ni modification, de même, sans comprendre ce que sa science est en réalité, puisqu'elle est son essence, nous savons pourtant qu'il ne peut lui survenir aucune science nouvelle, que sa science ne peut avoir ni multiplicité ni borne, que rien de ce qui est ne peut lui être inconnu, et que la connaissance qu'il a de ces choses laisse intacte leur nature, le possible conservant sa nature de possibilité. Que si l'on trouve du contradictoire dans ces propositions, c'est que nous en jugeons par notre science humaine qui n'a rien de comnmn avec la divine, si ce n'est le nom. Il en est de même pour les mots d' « intention » et de « providence ». Tous ces mots n'ont pas le même sens par l'apport à Dieu. Ce sont là des vérités qu'il convient do ne jamais oublier, sous peine de tomber dans d'inextricables dllicultés et dans les plus graves ei'reurs (').

11 faut considérer qu'il y a une grande différence entre la connaissance que l'artiste possède de l'œuvre qu'il a élaborée el la connaissance qu'un autre possède de cette même oeuvre ('). L'artiste n'a fait que réaliser une œuAre qui existait dans son idée et dont il avait d'avance une connaissance exacte. Mais pour tout autre qui contemple cette œuvre la science suit l'exécution. Il en est ainsi de notre science humaine et de la science de Dieu par rapport à l'univers. Ce que nous savons, nous le tenons de la contemplation des êti'cs : aussi notre science ne s'étendelle point sur le futur ni sur l'infini : nos connaissances se renouvellent et se multiplient à mesure que nous acquérons plus d'expérience. Pour Dieu, par contre, ce n'est pas des choses que lui vient la connaissance qu'il en a ; les choses dépendent de sa science qui les a précédées et établies telles qu'elles sont. Pour Dieu donc il n'y a pas de science multiple ni neuve. En connaissant toute la réa-

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