I. iluiilc. III, cil. ni
tout ce qui se passe dans ce monde. Ils prétendent qu'il est impossible de reconnaître à Dieu la connaissance des phénomènes individuels. Ceux-ci sont perçus bculement par les sens et non par l'intelligence ; or Dieu ne perçoit pas au moyen d'un sens. Ensuite, les choses partielles sont infinies; or la science consiste à embrasser, mais ce qui est infini ne saurait être embrasse. Enlin la connaissance des phénomènes qui naissent et se transfonncut ferait subir à Dieu une sorte de changement, car ce serait un renouvellement successif de connaissances.
\'oyons ce qu'il faut penser de ces diflicultcs. C'est une notion première que Dieu doit réunir en soi toutes les perfections et que toute imperfection doit être écartée de lui ('). Or l'ignorance de quoi ijue ce soit est une iniiierfeclion, donc Dieu ne peut rien ignorer.
Tout le monde est d'accord qu'il ne peut survenir à Dieu aucune science nouvelle, de manière qu'il sache maintenant ce ((u'il n"a pas su auparavant (^). Il ne peut pas non ]>lus. puisque sa science se confond avec son essence, posséder des sciences multiples et nombreuses. C'est par une science unique qu'il connaît les choses multiples et nombreuses. Les phénomènes nouvellement apparus, il les connaissait avant qu'ils survinssent, il les savait de toute éternité. Par conséquent, il ne lui est advenu aucune science nouvelle.
]Mais, objectera-t-on, il en résulterait que la science divine : i" a pour objet le non-être, puisqu'elle connaît ce qui n'est pas encore ; u" qu'elle embrasse l'inlini. puisque les individus à venir sont infinis. — C'est là effectivement notre opinion. Il n'est pas impossible que la science de Dieu ait pour objet les choses qui ne sont pas encore, mais dont il sait d'avance la future existence et qu'il est capable de susciter. Ce que la science divine ne peut avoir pour objet, c'est le non-ctre absolu qui jamais n'a d'existence.