‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 54 sur 87 · I. Guide. III, ch. i;; cf. ch. a3, p. i.So · texte numérisé non relu

I. Guide. III, ch. i;; cf. ch. a3, p. i.So

a. Pkxsiqut. Il, ch. 5 ri 6; Mclaph . XI, ch. 8; cf. Gaidr, II, ch. *i.

3. Cf. fluide, m, ch. a5. p. i()8. I.cs Ascharites sont les disciples d'Al- Aschnri de Dassura (S8o<i4i)». Ils .idmoUcnt des aUriliiits de l>ieu distincts de son essence et nient le libre arbitre de l'homme; cf. ,Munk. Guide, I. SÎN, n . I .

l'homme n'est pas libre, et dès lors les lois religieuses n'ont aucune utilité ; enfin, les actions de Dieu ne sauraient avoir de but final.

4° Les Motazales (') admettent que Dieu sait tout, que sa providence s'étend sur tous les êtres et en même temps que l'homme est libre. Dieu ne saurait être injuste : toutes les créatures, jusqu'aux plus vils insectes, ont droit à une compensation dans une autre vie.

5° L'opinion juive tient à la fois que l'homme est absolument libre et (jue Dieu est absolument juste. Les malheurs (jui fonileut sur les hommes ou les bienfaits qui lem- échoient sont proportionnés à leurs mérites et sont leU'et d'un jugement équitable.

Kn résumé, les conditions où se meuvent les individus sont pour Aristote l'efl'et du pur hasard, pour les Ascharites l'effet de la seule volonté divine, pour les Motazales l'effet de la sagesse divine, pour les juifs l'effet de ce que l'individu a mérité selon ses œuvres. C'est pourquoi il se pourrait, selon les Ascharites, que Dieu fit soufi'rir Ihomme vertueux dans ce bas monde et le condamnât au feu éternel, car, dirait-on, Dieu l'a voulu ainsi. Mais les Motazales pensent que ce serait là une injustice et que la ci'éature qui a souffert, fût-ce une fourmi, aura une compensation : car c'est la sagesse divine qui a fait qu'elle souffrit, afin qu'elle eût une compensation. Quant aux juifs, ils pensent que tout ce qui advient à l'homme est la conséquence de ce qu'il a mérité, que Dieu ne châtie qu'autant qu'on est coupable (^),

I. I.a secte des .Motazales (= séparés, dissidents) eut pour fondateur AV,icil ibn 'Atà (;oo-;49)- Les Motazales admettent: f que l'homme est doué de liberté, qu'il fait le bien et le mal de son propre mouvement, que donc il a des mérites ou des démérites ; 2° que Dieu est absolument un, que, par conséquent, il n'a pas d'attributs distincts de son essence. La doctrine des Motazales rencontra une grande faveur parmi les penseurs juifs; cf. Munk, ib., p. S3^, n. i.

a. Cf. GuidCj Ili, ch. 17, p. i36 ; a C'est tantôt une exagération qui aboutit à nier l'intelligible et à contester le sensible (les Ascharites et les Motazales soutiennent, contre le témoignage évident de la raison et des sens.

Après avoir exposé les diverses opinions sur la Providence, Maïinonide développe sa propre doctrine.

Dieu est à la lois cause efticieiite, cause l'ormelle et cause finale du monde ('). C"esl par 1 existence du Créateur que tout existe et (juc tout se ^>erpctul^. Dieu est à Tunivcrs ce que la i'ornie est à chaque être et qui par elle est ce qu'il est, la forme constituant son véritable être. Dieu est la forme dernière, la forme des formes (").

Pour Dieu Texistenee est si pleine qu'il ne lui suffit point d'exister à lui seul. De son existence il émane de nombreux êtres, et cela, non pas comme la chaleur émane du feu. mais par une action divine (|ui leur donne la durée et l'harmonie. C'est par l'épanchemenl qui découle de Dieu que tout se maintient (')•

Il y a dans l'univers quelque chose qui en gouverne l'ensemble et ([ui meut le membre dominant et principal, de manière à tjouverner pai- lui les autres nuMiibres. Ce niend>re dominant c'est la splu'i-e céleste, à (pii le premier moteur comnuini(|ue la faculté motrice. Par son mouvement, la sphère i^ouverne les autres parties de 1 univers et envoie leurs facultés à toutes les autres créatures ('). Supposé ((ue le principe directeur suprême vînt à disparaître, la sphric tout entière, tant la pai'tie dominante

qvii' t.'i l*r*i>vi(lt'M('(' sV'ti'nd sur c'hai|uc iiidi\i<ln, (ùt-co h' plus ililiine iiisccli') ; tantôt cVst une trop (çraiule roscrvc (pii conduit à des croyances pcniicieust'S concernant la divinitc, détruit le l)on ordi'c dans Prxistoncc humaine, i'H'aec toutes les qualités morales et iutollcctuelles de Phomnie, el ici je veux parler de l'opinion de ceux qui (comme Aristole) refusent d'admettre la Providence pour K's individus humains et mettent ceux-ci au niveau des individus des autres espèces aniuales ».

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