I. Guide, 111, ch. i3, p. SS et suiv
RAPPORTS PE DIEU AVEC LE MOMiE 99
porfcclionncmont à lui, mais du nôtre, il y aurait alors lieu de formuler cette question : A quelle fin devons-nous exister avec cette perlection? Nous arrivons à cette suprême réponse : « Dieu Ta voulu ainsi (') » ou « Sa sagesse l'a exiijé ainsi ». KHeeliveiuent. c'est là la vérité.
S'il était vrai (ju(> tout n'existe qu'en faveur de l'iionniie, la croyance à la crt'alion nous obligeant d'admettre que cet univers aurait pu élre créé auli-enient qu'il n'est, il en résulterait cette absui-dité que tous les êtres, excepté l'iionnue, existeraient sans aucun but, puisque la seule fin que l'on ait eue en vue. cl qui est 1 lionune, pourrait exister sans tous ces cires.
I,a seule opinion exacte, conforme à la fois à la religion el à la spéculation, i-l la suivante : Il ne faut pas croire (jue tous les êtres existent en faveur de l'homme, ils ont été créés en vue d'eux-mêmes. On ne saurait chercher la cause finale de toutes les espèces. C'est par sa volonté que Dieu a créé toutes les parties du monde, les unes ont leur but en elles-mêmes, les auti'es existent en vue d'une auti'c chose qui a son but en soi. De même tlonc ipie Dieu a \()idu que l'espèce humaine existât, il a voulu (jue les sphères célestes et leurs astres existassent et que les anges existassent. Dans tout être, il a eu pour but cet être lui-même, et chaque fois que l'existence d'une chose était impossible sans (pi'clle fut précé'déc d'une autre chose, il a pi'oduit celle-ci d'abunl. comme par cxcnqilc la scnsibilili' qui précède la raison.
.\iiisi nous dc'viins croire cpic la (icalinn de l'uni\ers n'a été déterminée (\uc par la volonté divine : il n'y faut chercher aucune autre cause ni aucune auti'c fin ('). l'as plus que nous ne saurions chercher la cause finale de rexisience .le Dieu, pas plus ne saurions-nous découvi-ir la cause finale de sa volonté, en vertu de la(|uelle tout ce (pii t'st a sa nature propre. Ne nous imaginons donc
I Cf. I.cli. (ig, p. 331-3x1 : II, rli. i8, p. iji. a III. rli. r), p ()."i d sniv. ; cf. cil, a."i. p. *«.
pas que les sphères célestes et les anges n'existent que pour nous. Assurément l'iiomnie est l'être le }>lus noble et le plus parfait du monde inférieur ; mais si l'on compare son être à celui des sphères et, à plus forte raison, à celui des Intelligences pures, il est bien peu de chose. Si la terre tout entièi-e n'est qu'un point imperceptible par rapport à la sphère des étoiles fixes, quelle sera la relation de l'espèce humaine à l'ensemble de la création? Kt connuent alors pourrait-on se figurer que la création existe à son intention et qu'elle doit lui servir d'insti'ument? Mais cela n'est encore qu'une comparaison entre les corps ; que sera-ce, si l'on envisage l'être des Intelligences pures (') ?
Kn dernière analyse, la série de toutes les fins aboutit à la volonté et à la sagesse de Dieu. Or celles-ci constituent son essence, et non point des réalités en dehors de son essence. Par conséiiucnt, Dieu est la fin dernière, la fin des fins (').
Le Problème du Mal.
En face de rafiirmation de la providence et de la finalité se di-esse le problème du Mal. D'où vient qu'avec un Dieu qui veut le bien des créatures et qui a ordonné le monde suivant les lois de sa sublime sagesse, d'où vient qu'il y ait du mal dans l'univers?
Les Motécallîm estiment que la privation d'une qualité est une chose réelle, existant dans le corps et ajoutée à sa substance, un accident positif et créé. Pour eux, le repos n'est pas la privation de mouvement, la mort n'est pas la privation de vie, mais le repos et la mort sont des accidents créés par Dieu (').