‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 67 sur 87 · Guide, III. ch. 5i, p. 444 el s · texte numérisé non relu

Guide, III. ch. 5i, p. 444 el s

était en raison Je la durée de cet oubli ou île l'indignité des préoccupations. Lorsque la pensée de l'homme est parfaitement pure, lorsqu'il per(,'oit Dieu et qu'il jouit de cette pei'ception. il n'est pas possible qu'aui une espèce de ni;il vienne atteindre cet hoiinue : car il est avec Dieu et Dieu est avec lui. Mais quand il se détourne de Dieu, Dieu se dérobe à lui, et il demeure alors exposé a tous les maux qui peuvent par accident s'abattre sur lui. Ce qui, en effet, sollicite la Providence et sauvegarde du hasard, c'est l'épanchement de l'intellect divin, qui s'est déi-obé pendant un certain lenqis à tel et tel Iiouiuk' vertueux, ou ([ui n'a jamais visité tel autre, vicieux et méchant : et c'est ce qui expli([ue (|u'ils aient été l'un el l'auli'e atteints des coups du hasard.

Le Miracle.

Dès (pi'on admet que les choses sont [lar l'ed'et d'un plan, et non par une éternelle nécessité, on est fondé à croire que l'auteui- du i>lan peut concevoir un autre dessein et modilici" les choses. Toutefois, ce ne pourrait être un dessein quelconque, car il y a une nature de l'impossible (jui est constante et (pii ne saurait ôtrc i-enversée. C'est |)our(piot ou ne saurait attribui'rà Dieu lui-même le pouvoir (le le iliaMicei-. .Vinsi la réunion des contraires au même instant et daiis le même sujet, la transformation de la substance en accident el de l'accident en substance. ou l'existence d'une substance coi-porelle sans accident, tout cela est de la catégorie de l'impossible. De même, il est impossible (|uc Dieu appelle à l'existence son semblable ou qu'il se rende lui-mênu' non existant, ou i|n'il se coi'porilie. ou qu'il se ciiange (').

I. Gitiilf, 11. cil. Il), p. i4»;cli i3, |i iiiH: III, cli. i.'), p. luj et suiv.

Nier les miracles, c'est nier la religion. Voilà pourquoi nous ne saurions admettre l'éternité du monde à la façon d'Aristote. c'est-à-dire comme une nécessité, de sorte quaucune loi de la nature ne puisse être modifiée et que rien ne puisse sortir de son cours habituel (').

Sitôt qu'on admet la création, tous les miracles deviennent admissibles. La révélation devient possible et toutes les questions qu'elle soulève tombent d elles-mêmes. Si donc on demandait : Pourquoi Dieu s'est-il révélé à tel homme plutôt qu'à tel auti-e ? pourquoi Dieu a-t-il donné celte Loi à un groupe particulier, sans en donner une à d'autres ? pourquoi l'a-t-il donnée à telle époque ? pourquoi a-t-il ordonné telles actions et défendu telles autres? pourquoi a-t-il signalé le prophète par tels miracles ? — On répondrait à toutes ces questions : « Cest ainsi qu'il l'a voulu » ou bien « C'est ainsi que l'a exigé sa sagesse». De même (pi'il a suscité le monde sous telle forme au moment où il l'a voulu, sans que nous puissions pénétrer sa volonté sur ce point, ni sa sagesse qui lui a fait particulièrement choisir telles formes et telle époque, de même ne saurions-nous comprendre sa volonté ni sa sagesse quand il a déterminé tout ce qui fait l'objet des questions précédentes. Mais si l'on soutenait que le monde est tel qu'il est par nécessité, il fiiudrait faire toutes ces questions, et on ne pourrait en sortir que par de méchantes réponses qui seraient la négation de tous les textes scripturaires dont un homme intelligent ne saurait mettre en doute l'acception littérale.

Dès l'époque de la création. Dieu a disposé la nature de telle sorte que, dans certaines circonstances données, il pût se produire des pliénomones extraordinaires. Les miracles ne sont donc point l'elfet d'une intervention particulière et accidentelle de la divinité. Dès le sixième jour de la création, tout fut agencé de manière que la terre engloutit Coré, que le rocher fit jaillir de l'eau, que l'ànesse

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