‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 82 sur 87 · I. III. t'Ii aj, p Mij · texte numérisé non relu

I. III. t'Ii aj, p Mij

a f.itide. U. cli. 4.'>, p. Bî ■J. Ili..f. îïi i-l siiiv.

\- \ti\v Jttgrs. VI. 3-5 : I (^hr . xii. iS ; Il t'.hr . wiv. 'Jn. 5 Voir Xomlirex. xi, u5 aO; h , xi. a.

0. Voir Juges, il. la : I Sain , m, lu; xviii, n. Voir riicon- Juifs, xiv, tl, 10 : I Siiin., X, rt ; XVI, il.

j. «:r. Taliiuid Mrfhilln, y.

4' degré. On entend dans un songe prophétique des paroles claires et distinctes, sans voir celui qui les prononce.

5"= degré. Un personnage parle dans un songe.

Qt degré. Un ange lait une communication dans un songe.

7= degré. 11 semble au prophète plongé dans le songe que Dieu lui parle.

8' degré. La révélation a lieu par une vision, le prophète voit des paraboles.

<f degré. Il entend des paroles dans une vision.

lo' degré. Dans une vision, il voit un personnage qui lui i)arle.

II' degré. Il voit un ange qui lui parle.

A proprement parler, la propliétie, dans la pleine acceplioii du terme, ne se réalise qu'au huitième degré, h)rs(pi'au song-e succède la vision, c'est-à-dire l'union de l'intelligence individuelle avec l'intellect agent universel, (jui donne une connaissance scientifique semblable à celle qu'on obtient [lar voie spéculative (').

Le onzième degré est le plus élevé qu'aient atteint les pi-ophèles. A l'exception loutel'ois de Moïse (|ui, à lui seul, l'orme une classe à [)art. Sa perception a été unique. Aucun autre pi-ophcte ne peut lui être comparé.

(Quatre dillérences séparent Moïse des autres prophètes : 1° Dieu ne parlait à ceux-ci que par un intermédiaire, tandis (ju'à Moïse il parlait directement. 2" Les autres prophètes ne recevaient les révélations que dans des songes ou des visions, l'exercice des sens étant suspendu ; Moïse, lui. recevait la communication divine à l'état de veille et sans que l'imagination eût aucune part. 3° Les autres, pendant la vision, éprouvaient un tremblenumt convulsif et une agitation violente, au lieu que Moïse restait dans un calme i>arfail. 4" Les autres ne recevaient l'inspiraliou (ju'à certains moments, par l'efTet

I Ouille. II, ch. 4>"»3 P- %Z

i.'ame 125

iruiif p;iàcc iiMiliculirrc : Moïse pouvait sponlaiirmciit et il toulo licui'i' solliiitiT riiis[iiration divine (').

La eonuaissaiice iiii'la[)li\ si([iu' est doue rnlijol suprême de l'eflorl humain. Cette eonnaissanee existe de lonn;s exereiees préparatoires, elle suppose Tétude préalable des difléreiites diseijilines seientifiques et philosophiques en Miénu' temps (pi'elle impliiiue la plein(> maîtrise de soimême par la réduction îles instincts, de la sensibilité et île l'imagination. Lorsipiini imlividu unit en soi les plus hautes qualitc's intellectuelles et morales et qu'il ne i-eneontre point d'enq)ccli<'ment de la part de Dieu, son intelliffence se confond avec l'intellect as^ent universel, il saisit les réalités intuitivement, il possède la connaissance héatifique.

Liberté et immortalité.

Ce (jui constitue la vi'rilable idée de la volonté, c'est de vouloir et de ne pas vouloir (').

I. Commentaire sur la Mischna. inlroU. aux'cliap. de Sunliétlriii, ;<; article de foi ; leçodè ha-Torah. cli. J, § 6; Guide, II, ch. 3.5 et ch. 45, p. 344 cl 348; III. eli. r>i, p. 442. — l.cs patriarches ont eu ["esprit prophétique, mais ils n't)nt pas été des proplictes dans le vcrital)le sens du mot. « Que rpielqu'un se prétendit prophète, disant fine Uieu lui avait parlé et l'avait envoyé, c'est ce qu'on n'avait jamais entendu avant Moise. notre maître. 11 ne faut pas te laisser induire en erreur par ce qu'on raconte des patriarches, lorsqu'on dit (pie Dieu leur adressait la parole et (ju'il se manifestait a eux \ leur propos on ne trouve pas ce Kenre de mission prophétique (|ui consiste à faire un appel aux hommes ou à guider les autres, de sorte qu'Abraham, ou Isaac, ou Jacob, ou ceux qui les précédaient, aient dit aux hommes : « Dieu m'a dil (jue vous devez faire ou ne pas faire telle chose», ou bien : » il m'a envoyé vers vous ». Jamais pareille chose n'a eu lieu : au contraire, il ne leur fut parle d'autre chose que de ce qui les concernait particulièrement ; je veux dire. (|u'il s'agissait de les rendre parfaits, de les diriger dons ce qu'ils devaient l'airt? et de leur annoncer quel serait l'avenir de leur race, mais pas «l'autre chose : et eux, ils appelaient les hommes au nniNt'U de l'cludc et de l'cnî^ci^neiueut » ; (Utide, I. ch. (H, p. 381.

a. Guide. II. ch. iS, p. 14a.

L'homme possède la facullc d"agir absolue. Par sa nature, par son choix et par sa volonté, il fait tout ce »{u'il lui est donne de faire ('). La liberté n"est pas une faculté à part, elle est une fonction de l'intelligence. Ainsi elle est soustraite à l'organisme, car la matière n"a pas d'action sur l'intelligence : celle-ci est la forme de l'àme, comme l'àme est la forme du corps (■). Il faut rejeter les superstitions astrologiques, suivant lesquelles la naissance nous affecte de telle vertu ou de tel vice et détermine invinciblement notre manière d'agir. La doctrine juive s'accorde avec la philosophie grecque pour allirmer que l'homme est libre de ses actes, (ju'il n'est soumis à aucune contrainte extérieure. Sans doute, en vertu de son tempérament, l'individu peut accomplir telle action plus ou moins facilement; mais il est faux qu'il y soit absolument forcé ou qu'il en .soit absolunient empêché. Si rhoniinc n'était pas maître de sa conduite, toutes les prescriptions de la Doctrine comme aussi bien toute espèce d'éducation n'auraient ni sens ni objet. De même, toute responsabilité tomberait et. partant, il n'y aurait point de moralité {').

Cependant, certains textes de l'Ecriture semblent affirmer la prédestination. Ainsi, dans Gen.. W . i3. Dieu dit à Aljraliam : « Ils les asserviront et les opprimeront r> : Dieu a donc prédéterminé les Egyptiens à opprimer les Hébreux ! Pourquoi, dès lors, a-t-il puni les Egyptiens d'actions dont ils n'étaient pas responsables ? A quoi l'on répondra : c'est comme si Dieu avait dit que parmi ceux (pii naîtraient, il y en aurait qui seraient vertueux et d'autres qui seraient méchants. Pourtant, par cette parole divine, tel ou tel méchant n'aurait nullement été forcé d'être mécliant : s'il l'a été, c'est parce qu'il a voulu l'être de son libre arbitre. Toujours, l'individu reste maiti-e de

Page 1