‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 104 sur 581 · Nécessité de ce chapitre · texte numérisé non relu

Nécessité de ce chapitre

Si l'on veut comprendre la Scolastiqiie, on doit encore être familiarisé avec la distinction entre l'être jper se et lètre per accidens; car ces mots reviennent sans cesse dans les plus belles analyses de nos maîtres, et cette distinction n'est pas une vaine subtilité. C'est une arme vraiment puissante qu'Aristote nous apprend à manier, soit pour faire sauter le masque dont se couvre le sophisme, soit pour frayer vers la réalité une large route au travers des fantômes.

Partout, en effet, la substance des choses est cachée sous mille apparences capricieuses. Partout leur essence et leur réalité sont environnées de lueurs qui trompent et fatiguent le regard. Il faut donc, pour éviter l'erreur, savoir reconnaître ces êtres sans consistance, entiaper accidens, ces diminutifs de l'être, entia diminiita.

« Il faut, dit Albert le Grand, parler d'abord de Y être diminué qui a l'aspect de Tètre, pour que, récartant, nous puissions, nous appliquer avec subtilité à l'élude de Tétre véritable (1). »

Si certains modernes connaissaient mieux cette subtilité que leur ignorance méprise, ils tomberaient moins souvent dans le sophisme et l'erreur.

{\) Alb. Mag., Métapfi., lib. VI, tr. II, cap. i.

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