‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 129 sur 581 · CHAPITRE II. PRINCIPE D OPPOSITION · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. PRINCIPE D OPPOSITION

secundum idem, sed secundum diversa; quod enim est calidum in aclu non potest esse simul calidum in potentia, sed est simul frigidum in potentia. Impossibile est ergo quod, secundum idem et eodem modo, aliquid sit movens et motum, vel quod moveat seipsum.

Omne ergo quod movetur, oportet ab alio moveri (1),

Cette démonstration n'est, du reste, que la reproduction de l'argument suivant d'Aristote :

Par définition, ce qui est mû est le mobile. Le mobile n'a d'abord le mouvement qu'en puissance et non en acte ; et de la puissance il passe à l'acte. Le mouvement est donc l'acte du mobile, bien que ce soit un acte imparfait qui n'est pas à son terme, àTsÀr,;. Quant au moteur, il est déjà en acte; ce qui chauffe est déjà chaud, ce qui engendre a déjà la forme. Si le moteur se confondait avec le mobile, il faudrait donc que le même corps, sous le même rapport, fût à la fois chaud et froid, et ainsi des autres sortes de mouvements (2).

Traduisons ces deux enseignements en termes plus à la portée de ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec le langage scolastique.

Être en mouvement, changer, passer d'un état à un autre, c'est devenir ce qu'on n'était pas ; c'est passer sous quelque rapport de la non-existence à l'existence. — A l'opposé, produire un mouvement, exercer une action, c'est agir, c'est-à-dire, exister agissant.

Changer, c'est donc être dans le devenir ; agir, c'est être dans l'existence. Or devenir et exister sont deux états qui s'opposent, comme le mouvement et le repos. Donc rien ne peut être à la fois cause et effet ; rien ne peut se causer soi-même ; tout ce qui est produit est produit par un autre; omne quod movetur, ab alio movetur.

(1) s. Thomas, I, q. 2, arl. 3.

{■?.) Arislote, Physiq., liv. VIII, cliap. v.

144 LIVRK m. CAUSE EFFICIENTE.

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