CHAPITRE 11. — PRINCIPES d'0PP0S1TI
« Si l'action est dans la cause, dit Âristote, le mouvement sera dans le moteur. On devra raisonner de la même façon, soit du moteur, soit du mobile, de sorte que, ou bien tout moteur sera mû, ou bien le sujet en mouvement ne sera pas mù (l;. »
Le langage vulgaire ne dit-il pas : l'action provient de la cause, l'action part de la cause?
L'action n'est pas une réalité intermédiaire entre la cause et l'effet.
Au premier aspect, l'action nous apparaît comme une sorte de flux qui part de la cause et c£ui se termine à l'effet, ou comme une sorte d'intermédiaire entre la cause et l'effet. Nous disons que le sculpteur produit une statue par son action, à peu près comme nous disons quil la produit par son marteau.
Mais épurons notre concept.
D'abord l'action n'est pas l'instrument de la cause; car un instrument est lui-même une cause, cause subordonnée, cause dirigée, cause mise en mouvement, tout cela est vrai, mais enfin cause agissante. Or dire que raction est un agent, c'est exprimer une proposition qui répugne dans les termes. L'action est produite par la cause ; elle n'est pas une cause.
En second lieu, l'action n'est pas une réalité qui sort de la cause, et cjui se propage jusqu'à l'effet; car cette réalité intermédiaire, qui ne serait ni dans la cause ni dans l'effet, serait une réalité existant en elle-même, c'est-à-dire une substance. Qui jamais osa soutenir une conception aussi grossière (2) ?
Il est vrai, dans les transmissions de mouvements matériels, nous voyons souvent qu'un corps en ébranle un autre par l'intermédiaire d'un milieu substantiel, le inou-
(1) PhysU/., liv. III, cliap. m.
(2) Voii-Scol, lil). IV, (lisliiKi. \i. ([ucst. 1.
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vement se propageant de proche en proche, et Faction passant de l'agent au patient comme Tcau parcourt un canal pour passer de la source à l'étang. Mais, dans tous ces cas, nous avons affaire à une série continue et successive de causes et d'effets; et si nous voulons étudier l'élément même de cette propagation, nous sommes forcément ramenés à ce principe, qu'entre la cause proc/iaine et son effet propre, il n'y a pas d'intermédiaire.