‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 171 sur 581 · Objection tirée des causes univoques · texte numérisé non relu

Objection tirée des causes univoques

Depuis quelque temps, nous poursuivons logiquement les conséquences de ce grand principe : La cause contient éminemment ses effets, sans nous inquiéter des difficultés qui peuvent se dresser àFencontre, et cependant il en est une en particulier qui semble convaincre d'exagération nos raisonnements. Il est donc nécessaire de l'étudier sérieusement.

La cause totale, avons-nous dit, contient son effet, et cette proposition ne signifie pas simplement que la cause possède une perfection semblable à celle de son effets car nous prétendons par là que l'effet lui-même préexiste dans sa cause. La cause, avons-n«»us ajouté, est plus parfaite que son effet, et l'effet dans sa cause est plus parfait qu'en lui-même.

Or nous rencontrons dans la nature tout un genre d'actions qui donnent un démenti à ces affirmations. Un animal est cause d'un animal de même nature et de même perfection, une plante produit une plante identique, le

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feu engendre le feu. C'est là ce qu'on nomme des causes iinivoques, c'est-à-dire des causes qui sont de même nature, de même espèce, de même degré detre que leurs propres effets.

Bien plus, nous trouvons que, dans toutes ces productions, l'effet peut être plus parfait que la cause; une allumette peut engendrer un incendie, un idiot maladif peut être père d'un homme sain de corps et desprit.

Donc les causes univoques semblent contredire les affirmations que nous avons étaljlies avec un si grand effort de dialectique.

Que ferons-nous? Avouerons-nous que nous nous sommes laissé égarer par de fausses apparences? ou bien conclurons-nous que nos propositions, vraies dans certains cas, sont erronées dans d'autres, et qu'on ne doit pas leur attribuer le caractère de généralité et de nécessité que nous leur avons supposé?

Demandons à saint Thomas la solution de ce doute.

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