‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 172 sur 581 · Les causes univoques ne sont pas causes totales · texte numérisé non relu

Les causes univoques ne sont pas causes totales

Eh bien, la réponse du maître est tout autre. Il est si convaincu de la vérité nécessaire des principes métaphysiques que nous avons exposés, qu'en présence des causes univoques il n'hésite pas dans sa conclusion. — Ces causes ne sont pas plus parfaites que leurs effets ; donc ces causes ne contiennent pas en elles-mêmes la raison totale de leurs effets; donc elles ne sont pas les causes adéquates de leurs effets. Ce sont, ou bien des causes improprement dites, ou bien des causes qui, dans leurs opérations, servent d'instruments à des causes supérieures.

Manifeslum est, quod si aliqua duo sunt ejusdem speciei, unum non potest esse causa formée alterius, in quantum est talis formco (quia sic esset causa forméo propria', cum sit eadem ratio utriusque); sed potest esse causa hujusmodi form» secundum

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quod est in materia, id est, quod luec materia acquirat hanc formam. Et hoc est esse causa secundum fieri, sicut cum home générât hominem et ignis ignem. Et ideo quandocumque naturaliseffectus natus estimpressionem agentis recipere secundum eamdem rationem secundum quam est in agente, innc fieri effectus dependet ab agente, non autem esse ipsius 1).

Voyez sur quoi repose le raisonnement du docteur Angélique : La cause totale d'un être est cause de tout son être, par suite il peut être cause de tout être de même espèce. Donc elle ne peut appartenir elle-même à la même espèce ; car, dans ce cas, elle pourrait être sa propre cause; bien plus, elle serait sa propre cause, conséquence qui répugne.

Doù il faut conclure qu'une cause univoque n'est pas cause totale. Elle est cause, il est vrai, que l'effet soit produit, mais elle n'est pas cause que l'effet soit existant; cause in fieri^ elle n'est pas cause in esse.

Qu' est-elle donc? — Quelquefois une cause purement déterminante. La science voit-elle dans l'étincelle primitive la cause totale et la raison complète de toutes les flammes d'un incendie?

D'autres fois, c'est un instrument employé par une cause supérieure. Une épreuve photographique peut être cause d'une épreuve toute semblable; mais comment? toutes les deux ne sont-elles pas dues à l'action du Soleil? Le rayon lumineux, voici la cause principale, cause capable de produire partout et toujours le même effet, vraiment cause de de tout ce genre d'effet. — Et comment la première épreuve est-elle cause de la seconde? — Uniquement parce que l'artiste s'en est servi comme d'une esquisse pour diriger le pinceau de lumière.

Oportet quod agens univocum sit quasi agens instrunionlale respecta ejus quod est causa primaria totius speciei (2).

Causes déterminantes, causes instrumentales, causes in

(1) s. Thomas, I, p. 104, art. 1.

(2j S. Thomas, Contr. Gentil., lih. H, cap. x\i.

192 LiVRK m. — CAUSE KFFICIKXTE.

fiei'i, causes univoques : autant de causes imparfaites, autant de causes qui ne suffisent pas à la production de l'effet. De telles défectuosités ne peuvent obscurcir la gloire des causes totalement causes.

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