Remarque sur ce qui précède
En terminant, nous devons une explication au lecteur pour détruire un scrupule qui a dû se former dans son esprit.
Lorsque après avoir exposé quelque principe et l'avoir affirmé comme nécessaire et essentiel, nous nous sommes trouvé en présence de faits en opposition avec la théorie, toujours notre réponse a été la même, et elle a dû parfois paraître un peu tranchante : « Cette cause n'obéit pas à toutes nos exigences; donc ce n'est pas une véritable cause, ou, du moins, c'est une cause imparfaite. » Un tel procédé par exclusion est bien sommaire! Nous nous sommes ainsi débarrassé successivement et des causes accidentelles et des causes déterminantes et des causes instrumentales et des causes in fieri et des causes univoques, à mesure qu'elles faisaient obstacle à notre théorie. C'est bien! mais que reste-t-il? Si quelques causes ont échappé à cette élimination, en tout cas elles sont peu nombreuses; et il se trouve finalement que ces grands principes, déclarés lois essentielles et générales des causes, ne s'appliquent que par exception dans la nature.
C'est toujours la même difficulté que j'ai signalée en commençant; aussi toujours la réponse est la môme.
Pour connaître les lois les plus hautes de la causalité, il faut s'adresser aux causes parfaites. Mais, à part la Cause Première, cause absolument parfaite, toutes les causes qui agitent les âmes et les corps sont des causes imparfaites. Dans toutes ces causes secondes, il y a une double imperfection.