CHAPITRE III. PRINCIPE DUMO.N
Essayons de développer cette pensée.
Nous avons reconnu que la cause contient éminemment l'effet. La perfection de l'effet se trouve donc tout entière dans la cause, quoique sous une forme plus parfaite et plus noble, causatum est in causa per modum cans.v. Donc enfin la perfection de l'effet est quelque chose de commun à la cause et à l'etiet.
Mais la perfection dans l'effet et la perfection dans la cause ne sont pas deux termes indépendants d'où surgisse à la fois une relation commune. Tout dans l'effet provient de la cause. Donc la perfection dans l'effet découle de la perfection dans la cause ; la perfection de l'effet est la perfection de la cause autant que l'efiet peut la recevoir. Aussi, dans le Livre des Causes, après la proposition déjà citée : Causatum est in causa per modum causœ, on trouve cette proposition inverse Causa est in causato per modv.m causati. Et n'est-ce pas exprimer, sous la forme la plus belle, que la cause se communique à relîet, et c[ue l'effet participe à la cause?
Il y a donc entre la cause et l'effet un rapport qu'on peut nommei' une participation d'être, c'est-à-dire une similitude.
Nous devons maintenant comprendre la sentence de saint Thomas : unumquodque agit secundum quod actu est. C'està-dire, non seulement un être n'agit que s'il existe, mais il n'agit de telle façon qu'en tant qu'il existe tel; c'est-àdire encore, {'activité d'un être et son actualité ne se distinguent que par une distinction de raison. La cause est une existence active, et l'agent est une activité existante. D'où il suit que si l'existence de l'effet résulte de l'existence de la cause, son essence résulte de l'essence de la cause, et que tout agent, lorsqu'il produit un effet, produit quelque chose de semblable à soi-même, au moins en quelque manière.