Des accidents matériels d'une statue
Répétons cette doctrine d'une autre façon.
Un sculpteur, ayant conçu une idée artistique, veut la réaliser; mais, pour cela, il faut lui donner un corps. Il choisit donc un bloc de marbre, et remarquez ce qui détermine ce choix. Est-ce la forme actuelle de cette masse? Non certes, puisqu'elle doit disparaître pour faire place à une autre. — Est-ce son volume ? Peut-être oui, peut-être non. En tout cas, le volume est « de soi » indifférent à la reproduction de l'idée. Que le bloc soit gros, qu'il soit petit, il peut également devenir statue et statue parfaite d'Apollon.
Il en est de même de la couleur du marbre. Inséparable du marbre, elle est sans influence sur la détermination de l'artiste, si celui-ci renferme son intention dans la réaHsation formelle de son idée. La statue sera rouge ou blanche, suivant la couleur de la pierre; mais si. par une cause quelconque, le marbre venait à changer de couleur, la statue n'en resterait cependant pas moins la môme, et n'en répondrait pas moins bien à l'idée du sculpteur.
Ce que j'ai dit de la couleur, je puis le dire du poids, de la chaleur et des autres propriétés physiques ou chimiques du marbre. Le statuaire ne s'inquiète pas de ces particularités; donc, bien qu'inséparables du marbre, elles no sontque des propriétés accidentelles par rapporta la statue.
Débarrassons-nous donc de ces accidents, pour ne nous occuper que des caractères essentiels de la matière.