Dans tout changement, il y a quelque chose qui demeure
Passer du non-être à l'être, c'est, à proprement parler, « devenir ». Pourtant changer n'est pas complètement synonyme de devenir. L'idée de changement emporte avec soi l'idée d'un sujet soumis au changement, c'est-à-dire, de quelque chose qui demeure, avant, pendant, après le changement.
En efïét, ce n'est pas la qualité d'être noir qui devient la qualité d'être blanc, ce n'est pas la chaleur qui devient le froid ; il y aurait là contradiction dans les termes et absurdité. Il faut donc qu'il y ait un sujet de ces qualités contradictoires, qui persiste pour supporter successivement les deux termes du changement.
Donc, dans toute mutation, il y a quelque chose, qui n'est formellement aucun des deux termes de la mutation, et qui peut coexister avec chacun d eux.
Telle est la doctrine d'Aristote sur le changement.