‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 252 sur 581 · De la forme substantielle · texte numérisé non relu

De la forme substantielle

Qu'est donc, enfin, la forme substantielle? Saint Thomas va nous l'apprendre :

Considerandum est quod forma substantialis in lioc a forma accidentali ditfert, <[uia forma accidcntalis non dat essr simpli-

(1) S. Thomas, I, q.. 70, art. 8.

DES CAISKS. 18

citer ^ sed esse laie, siciit calor facit suum subjectum non simpliciter esse, sed esse calidum. Et ideo cum advenit l'ornia accidentalis, non dicitur aliquid fieri vel generari simpliciter, sed fieri taie aiit aliquo modo se habens; et similiter, cum recedit forma accidentalis, non dicitur aliquid corrumpi simpliciter, sed secundum quid.

Forma autem substantialis dat esse simpliciter. Et ideo per ejus adventum dicitur aliquid simpliciter generari, et per ejus recessum simpliciter corrumpi (1).

Cet enseignement est très clair, pourvu que l'on se rappelle que ce terme esse simpliciter, signifie (( être substance », exister de soi-même, et en soi-même, suivant cette proposition d'Aristote : « Id quod primum est eus, et non eus taie, sed ens simpliciter, est substantia (2). »

D'après cela, les formes accidentelles sont les raisons et les principes des qualités et des accidents de l'être. Lorsqu'elles viennent et lorsqu'elles s'en vont, l'être change de qualité; il gagne ou perd quelque disposition, mais il reste substantiellement le même. Quant à la forme substantielle, c'est à elle que l'être doit d'être substance. Tant qu'elle est présente, l'être subsiste en soi-même, indépendamment de tout le reste. Quand elle disparait, rien ne subsiste et n'existe plus naturellement.

ARTICLE II

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