‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 292 sur 581 · DE LA VERITE · texte numérisé non relu

DE LA VERITE

De la vérité d'une œuvre.

La statue qui est sculptée dans le marbre est la représentation de la statue qui demeure dans Tesprit de Fartiste, comme Timage que le soleil lait de lui-même sur la feuille photographique est son propre portrait. Toute œuvre est Timage de l'idée; tout effet est le portrait de sa cause exemplaire.

Or qu'est-ce qu'un vrai portrait? C'est un portrait qui imite réellement son modèle. Personne qui n'approuve cette définition. Donc la vérité d'un portrait est la conformité de l'image à sa cause exemplaire. D'ailleurs, je l'ai déjà dit, le modèle matériel n'est qu'une cause éloignée, dont l'action ne tombe que médiatement sur le portrait. L'idée du sculpteur, telle est la véritable cause exemplaire de la statue, et, si l'œuvre n'est pas une simple imitation, mais, comme on dit, une création du génie, l'idée conçue sans secours est la seule cause exemplaire. Donc enfin, la vérité de l'œuvre matérielle est sa conformité avec l'idée conçue par l'intelligence de l'artiste, et c'est là un des sens du célèbre adage : Yeritas est adsequatio rei et intellectus.

Ce que je dis d'une statue doit se dire de toute œuvre sortie de l'art ou de l'industrie humaine, édifice, horloge, machine. Toutes ces œuvres sont vraies, lorsqu'elles répondent bien à l'idée conçue par leur auteur. C'est l'idée qui vérifie l'œuvre, la cause exemplaire qui sert de mesure

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