CHAPITRE I. — NATURE DE LA SCIENCE MÉTAPHYSIQUE
pas de syllogisme, d'où pas de démonstration, d"où pas de science.
« La science part de propositions vraies; car on ne connaît pas le non-être, par exemple, la commensurabilité du diamètre et de la circonférence.
« De propositions premières et non démontrables, ix. irptôttov àvxTCooeixTwv; car, si elles étaient démontrables, on n'aurait pas acquis la science avant d'être remonté jusqu'à leur démonstration, la science consistant à démontrer tout ce qui est démontrable.
« Il faut en outre que ces principes soient causes, plus notoires et antérieurs. — Causes, car nous savons lorsque nous connaissons la cause, — antérieurs, puisqu'ils sont causes, — plus notoires, non seulement en ce sens que l'on comprenne la signification des termes, mais en ce sens que l'on connaisse la réalité de ce qu'ils expriment...
« ... La démonstration doit partir de propositions premières, c'est-à-dire de principes, car premier et principe sont pour moi des termes identiques. Le principe de la démonstration est une proposition immédiate, c'est-à-dire une proposition qui n'en a pas une autre avant elle. »
Tels sont les caractères des principes qui servent de fondements à la science démonstrative, et dans la fermeté de cette exposition on reconnaît le génie d'Aristote.
Sans doute, il y a des sciences subalternes, c'est-à-dire des sciences qui partent de vérités démontrées par des sciences supérieures. Mais cette démonstration n'est ni de leur ressort ni de leur compétence; elles acceptent ces vérités comme des principes sur lesquels elles raisonnent.
Toute cette doctrine est si claire qu'elle se passe de commentaire. Cependant, il y a, dans le texte d'Aristote, deux mots sur lesquels il ne faut point passer à la légère, et dont la Scolastique a compris toute l'importance. Les principes, dit le Philosophe, sont causes et ^oni plus notoires. Etudions, l'une après l'autre, ces deux affirmations,