‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 31 sur 581 · Comment les principes sont causes · texte numérisé non relu

Comment les principes sont causes

L'interprétation qui so présente d'abord à l'esprit est la suivante. Lorsque nous cimcluons en partant de prémisses

reçues, la connaissance de la conclusion découle, poui^ ainsi parler, de la connaissance des principes. Celle-ci est cause de celle-là, et, par conséquent, on peut dire que les principes sont causes de la science. Cette sorte de causalité est appelée par la Scolastique : causalitas in cognoscendo, par opposition à la causalité réelle appelée : causalitas in essendo.

Mais cette interprétation n'est pas suffisante; elle introduirait un jeu de mots dans la proposition d'Aristote : « Les principes sont causes, car nous savons quand nous connaissons la cause. »

Sans doute, la fumée fait connaître le feu, l'empreinte du pied trahit le passage de l'homme, la créature révèle l'existence du Créateur, Mais tous ces effets, qui sont causes in cognoscendo, ne peuvent produire que la science imparfaite appelée « science quia ». Or nous savons que, d'après Aristote, la véritable science est une science proptei' quid, qui descend de la cause à l'effet et qui explique l'effet par la cause.

Voici donc ce qu'il faut entendre par cette phrase si courte : u les principes sont causes ». Elle signifie que la science doit partir des causes réelles; que c'est dans les causes qu'elle doit chercher la raison des effets, et dans les vérités générales la raison des vérités particulières.

Que tel soit le rôle de la science, la preuve en est courte et péremptoire. La science, n'est-il pas vrai, recherche la vérité. Or Aristote prononce : « chaque chose possède de vérité ce qu'elle possède d'être », "E/.a7Tsv, wç lyti tou €v)!x\^ ojTO) y.at ■zf^z àXr^Ôsta; (1). Donc, pour connaître la vérité, l'esprit doit s'unir aussi parfaitement que possible aux choses elles-mêmes ; la même causalité doit présider à l'être et à la connaissance de fêtre. C'est ce qu'exprime cette sentence de la Scolastique : Ad perfectam scientiam requiritur causa simiil in essendo et cognoscendo. Grande et belle

(1) Métaphys., liv. II, cbap. i, à la lin.

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