CHAPITRE IV, I)K LA BONTÉ
cun goût; et pourtant il dit : « C'est }3on, » parce que son œuvre est précisément ce qu'il a voulu qu'elle soit.
Nous pouvons encore faire un dernier pas.
A considérer l'effet, son devenir est une passion qui aboutit à une existence ; mais, à considérer la cause, ce même devenir provient d'une action qui tend vers une intention. L'action part donc, pour ainsi dire, de l'agent, pour revenir à l'intention qui est demeurée dans le même agent. C'est comme une tendance circulaire de la cause vers elle-même, et lorsque l'effet est produit, c'est comme si la cause se retrouvait elle-même. L'effet est donc bon à la cause, non par lui-même, mais parce que la cause est bonne à elle-même.
Et dites-moi, pour reprendre l'exemple de tout à l'heure, lequel se complaît davantage dans son ouvrage, le manœuvre qui exécute machinalement le plan d'un autre, ou l'inventeur qui dans son œuvre retrouve son propre génie ?
C'est ainsi que nous parvenons à cette dernière conclusion : « La bonté absolue d'un effet est un effet de la bonté absolue de sa cause ».