‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 346 sur 581 · Cette bonté consiste dans une relation à la cause · texte numérisé non relu

Cette bonté consiste dans une relation à la cause

Voici encore une fois que l'effet s'éclaire lorsqu'on le rapproche de sa cause.

Par son action, la cause conduit l'effet vers un terme projeté d'avance par son intention, et cette intention peut être considérée dans la volonté qui le pose, comme une sorte d'appétence. Mais cette appétence est sans mouvement et sans transport ; elle n'est pas une tendance de la cause, mais la cause d'une tendance ; elle ne fait pas aller la cause vers l'effet, mais elle attire l'effet vers la cause. Et lorsque l'effet existe, lorsqu'il est parvenu au terme même de l'intention, alors il n'y a plus qu'une simple union; il y a identité entre l'effet existant et le terme de cette intention ; l'effet se repose dans l'intention.

De là cette troisième conclusion : « L'effet est bon à sa cause, en ce sens qu'il convient à l'intention, et cette convenance est la raison de toute la bonté absolue de l'effet. Viditqiie Deus cuncta oiiœ fecerat :et erantvalde hona{\). »

Cette conclusion, souverainement vraie, lorsqu'il s'agit de la Cause Première, est vraie aussi pour les autres causes, dans la mesure qu'elles participent à l'honneur de la causalité. L'ouvrier en bois ou en fer ne juge-t-il pas que son œuvre est bonne lorsqu'elle est conforme à son intention? Peut-être ne se proposait-il dans cette œuvre aucune utilité personnelle ; peut-être n'éprouve-t-il pour elle au-

(1) Genèse, i, 31.

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