CHAPHRK I. SYNTHÈSE DES CAUSES
La nécessité, pour l'artiste, de dépenser un travail corporel, provient de la distance entre sa volonté et le marbre sur lequel il veut agir. Mais serait-il moins cause de la statue, s'il y avait entre lui et elle moins d'intermédiaires, et s'il se tenait plus en repos pendant que son action se poursuit? Bramante cesse-t-il d'être l'auteur de Saint-Pierre de Rome, s'il est prouvé qu'il n'a pas manié la truelle?
Toute intention est eflicace par elle-même, autant qu'elle peut l'être; car il est de l'essence même delà volonté de vouloir réel le terme sur lequel elle se porte. Si ce terme ne surgit point par la seule vertu du décret qui l'appelle à l'existence, il faut en conclure que son être ne dépend pas tout entier de cette volition. Dans ce cas, nous avons affaire à une cause qui veut par elle-même plus qu'elle ne peut par elle-même, c'est-à-dire, à une cause incomplète qui a besoin d'un concours étranger. Mais l'ouvrier parfait serait celui qui, ayant conçu son œuvre, l'exécuterait par un ?,q\x\ fiat. Donc, si Ion s'en tient à l'essence métaphysique de la cause parfaite, on voit quelle se réduit à une intelligence c[ui conçoit et à une volonté qui commande efficacement; et c'est à tort que certains théologiens ont voulu introduire, dans la nature divine, je ne sais quelle puissance exécutrice intermédiaire entre la créature et le décret créateur (1).