‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 45 sur 581 · Explication plus complète. — Second texte d Aristote · texte numérisé non relu

Explication plus complète. — Second texte d Aristote

Aristotc a bien compris cette difficulté: aussi, immédiatement après le texte que nous venons de commenter, il ajoute :

« Ce qui a été exposé plus haut ne Ta pas été d'une manière claire; reprenons donc cette explication. Il suffit de la présence d'un seul individu pour que déjà l'universel soit dans l'Ame. Car, bien qu'on ne sente que le particulier, il y a cependant sensation de l'universel; par exemple, le terme de la sensation est l'homme, et non pas l'homme Callias il). Une fois les premiers universels acquis de la sorte, par exemple telle espèce animale, l'àme en tire l'animal générique, et ainsi de suite. Il est donc manifeste qu'il est nécessaire que les principes s'acquièrent par l'induction ; et c'est ainsi que le sens procure l'universel.

(I) Kal yàp a'tcOàvETat jièv t6 /.aO 'êxaTxov, r, S 'aïaÔrioi; io'j xa06).ou Èatîv, clov àvOptôîrou, â).).' ov Ka)),;o'j àvOçwnoy. {Derniers aiialylir/., liv. Il, rhap. dernier.)

i2 LIVRE PREMIER. PRINCIPES DE LOGIQUE.

Voilà une déclaration franchement réaliste : Finduction peut fournir l'universel, parce que à son point de départ elle le trouve déjà constaté par la sensation. Mais un texte aussi concis réclame le commentaire de saint Thomas :

Si acciiiianlur multasin^ularia, qiue sunl indifîerentia quantum ad aliquid unum eis existens, illudunum secundumquod non difîerunt, in anima receptum, est primum universale, quicquid sit illud, sive scilicet pertineat ad essentiani singulorum, sive non. Quia enim invenimus Socratem et Platonem et alios esse indifférentes quantum ad albedinem, accipimus hoc unum, scilicet album, quasi universale quod est accidens. Et similiter, quia invenimus Socratem et Platonem et alios esse indiiferentes quantum ad rationabilitatem, hoc unum in quo non differunt, sciUcet rationabile, accipimus quasi universale quod est differentia.

Qualiter autem hoc unum accipi possit, manifestât consequenter (Aristoteles). Manifestum est enim quod singulare sentitur proprie etper se; sed tamen sensus est quodammodo et ipsius universalis. Cognoscit enim Calliam, non solum in quantum est Callias, sed etiam in quantum est hic homo, et similiter Socratem in quantum est hic homo. Et inde est, quod tali acceptione sensu pra^existente, anima intellectiva potest considerare hominem in utroque. Si autem ita esset, quod sensus apprehenderot solum id quod est particularitatis, et nullo modo cum hoc apprehenderet universale in particulari, non esset possibile quod ex apprehensione sensus causaretur in nobis cognitio universalis.

Et hoc idem manifestât consequenter in processu qui est a speciebus ad genus, et subditquod iteruin in his, scilicet in homine et equo, anima stat per considerationem,... quousque perveuiatur ad commune animal quod est genus superius (1 1.

Ce commentaire, résumé précieux de toute la doctrine péripatéticienne sur l'induction, explique à la fois, et comment la pluralité des sensations, en donnant lieu à la comparaison, permet de tirer « l'un » de ce qui est « commun » à plusieurs, et comment cette induction a

(1) s. Thoin., iii II. Poslerior., lecl. 20.

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