‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 46 sur 581 · CHAPITRE II. — FORMATION DE LA MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — FORMATION DE LA MÉTAPHYSIQUE

pour fondement la réalité de l'universel dans l'objet de la sensation.

Il y a cependant entre le texte d'Aristote et le texte de son commentateur quelques nuances d'expression sur lesquelles il est bon d'insister.

Aristote dit : On sent le singulier, mais il y a sensation de l'universel; on voit l'homme en regardant Callias. Cette manière de parler pourrait prêter à une interprétation inexacte. Mais saint Thomas est d'une précision qui prévient toute erreur sensualiste.

Le sens, dit-il, bien qu'il ait pour objet le singulier, atteint cependant, en quelque sorte, Funiversel lui-même. On voit Callias, non seulement en tant qu'il est Callias, mais encore en tant qu'il est cet homme, ce qui est encore un objet singulier. De même le sens atteint Socrate, en tant qu'il est cet homme. Grâce à cette connaissance sensible de ces deux hommes, l'âme intellectuelle, car c'est son privilège, peut considérer d'une manière abstraite Vhomme dans chacun d'eux. Le sens n'atteint donc pas l'universel, à parler rigoureusement; mais il fournit à rintelligenco un objet singulier tel que celle-ci puisse y découvrir l'universel.

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