Étude de ces causes
Le mouvement produit le mouvement. Il y a une ellipse dans cette phrase. La formule complète est la suivante : « Un corps en mouvement produit le mouvement d'un au-
(1) s. Thomas, ill, q. 62, art. 1.
(2) ArJstote, Mctaplujs,, liv. l.\, eh. viii.
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tre corps », et ce nouvel énoncé montre, sans plus de phrases, que la cause, substance corporelle, est d'autre nature que l'effet, simple état d'être.
A la vérité, si c'est formellement par son propre mouvement que la substance motrice imprime le mouvement, l'ellipse précédente est légitime et nous avons affaire à une cause véritablement univoque. Pour décider ce qu'il en est, cherchons donc, par une méthode qui nous a réussi plus d'une fois, s'il y a quelque rapport essentiel entre le mouvement du moteur et le mouvement du mobile.
Je remarque d'abord que la translation d'un corps peut provenir d'un corps sans mouvement, du moins sans mouvement de translation : l'aimant en repos déplace le fer. — Je remarque, au contraire, que le choc d'un corps en mouvement ne produit pas toujours un mouvement, du moins un mouvement de translation : Je caillou lancé contre un rocher s'arrête sans déplacer le bloc immobile. — Je remarque, surtout, que dans le cas d'un mouvement communiqué, la vitesse finale se distribue entre le corps choquant et le corps choqué, suivant la nature et le volume, ou, comme on dit, suivant la masse de ces corps.
Tout cela ne prouve-t-il pas que le mouvement n'est pas l'effet formel du mouvement, et que nous sommes en présence d'une causalité complexe?
Prenons un exemple simple entre tous, savoir, le choc de deux billes élastiques. L'effet propre du choc est de déformer à la fois les deux ])illes, et de bander par là même leur élasticité comme un ressort. Puis ce ressort, en se détendant, agit avec une force égale dans les deux sens, et imprime à la fois un mouvement à chaque bille. La cause prochaine de ces derniers mouvements n'est donc pas précisément le premier mouvement, mais une force élastique mise en exercice ; et cette explication résout simplement mille difficultés inextricables si on attribue formellement le mouvement au mouvement; la suivante, par exemple :