‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 469 sur 581 · CHAPITRE V. CAUSES UNIVOQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. CAUSES UNIVOQUES

lorsqu'une bille tombe sur un plan de marbre, elle rebondit; un corps peut-il donc ôtre cause qu'il monte, précisément parce qu'il tombe?

Encore une fois, le mouvement ne produit pas le mouvement; l'ellipse était fallacieuse.

Le feu engendre le feu. Sans entrer dans aucune discussion sur la nature du feu, je remarque que le feu provient souvent d'une cause qui n'est pas le feu : frottement, choc, électricité, actions chimiques. En un mot, le feu résulte de réactions plus ou moins internes, comme la chute d'un corps résulte de son poids quelle que soit la force extérieure qui rompe l'équilibre, et cette dernière n'est que la cause déterminante du phénomène.

Ainsi, lorsqu'une étincelle tombant sur quelques feuilles sèches embrase une forêt, cette étincelle n'est que la cause déterminante, et non la cause efficiente de l'incendie. La cause véritablement efficiente d'un si grand effet est tout un ensemble d'affinités chimiques et de réactions successives.

Encore ici nous ne sommes pas en présence d'une cause véritablement univoque.

Le musicien produit le musicien, c'est-à-dire que, pour l'ordinaire, on apprend d'un maître, non seulement la musique, mais la grammaire, mais tous les arts et toutes les sciences. C'est vrai, mais il a bien fallu que d'abord quelqu'un apprit sans maître. Et d'ailleurs, le maitre ne fait que diriger l'intelligence de l'élève ; il le détermine à se former lui-même. L'élève intelligent peut se contenter d'un mauvais maitre, l'élève mal doué n'apprendra rien avec le meilleur professeur. Donc l'intluencede celui-ci ne contient pas toute la raison de l'effet produit. 11 détermine l'élève à se faire musicien, il ne le fait pas musicien. Nous ne trouvons encore ici qu'une causalité inférieure; le musicien n'est pas la vraie cause du musicien.

518 LIVRK Vlli. CLASSIFICATION DES CAUSKS.

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