Définition de la cause première
On appelle en général « cause première » la cause qui, dans sa causalité et dans son action, ne relève que d'ellemême ; par opposition, on appelle « cause seconde > la cause qui dépend d'une cause supérieure.
Cette distinction fait comprendre pourquoi, dans nos longues études sur la cause considéréo en elle-même, nous avons dû rappeler si' souvent que nos conclusions étaient
exactes sans correctif, pour la cause première, et seulement pour elle.
En effet, puisqu'il s'agissait d'expliquer les vérités contenues implicitement dans la notion de cause, nous devions constamment avoir pour objet de notre pensée la cause considérée en tant que cause, et par suite nos conclusions s'adressaient directement à la cause uniquement et purement cause, à la cause ne relevant d'aucune autre cause, c'est-à-dire à la cause première. Nous avons ainsi atteint, de prime abord, et par la conséquence même de notre méthode, la cause parfaite, cause intelligente et d'un vouloir efficace, cause se déterminant par elle-même à toutes ses opérations, ou, pour parler plus exactement, déterminant d'elle-même toutes ses actions, cause demeurant identique à elle-même, qu'elle agisse ou qu'elle n'agisse pas, moteur essentiellement immobile, principe et fin de tout ce qui est contenu dans ses œuvres.
Il n'y a qu'un nom qui réponde à une si haute et pure causalité, c'est le nom ineffable de Dieu. Et voilà pourquoi, bien que ce traité ne soit pas une théodicée, nous avons été sans cesse soulevés, par la considération de la cause pure, jusqu'aux pieds du trône où règne la Causalité Divine.
x\u-dessous de cette adorable Cause Première, tout est fait, tout est un effet. Mais, puisqu'il est de l'essence de la cause de frapper son empreinte au plus intime de son effet, suivant l'adage :Omne agens agit simile sibi, la Cause Créatrice a fait participer ses créatures à l'honneur de la causalité. C'est ainsi que les effets de la Cause Première peuvent être causes à leur tour, mais elles sont causes secondes, participant, plus ou moins et suivant leur perfection, d'être, à la perfection de l'activité. Et voilà pourquoi nous avons pu trouver dans les agents de la nature créée des exemples manifestant les grandes lois de la causalité : lois essentielles, qui peuvent bien perdre une partie de leur éclat dans les causes défaillantes, qui peuvent bien être masquées