‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 53 sur 581 · Rôle de l'induction · texte numérisé non relu

Rôle de l'induction

Les principes premiers, évidents par eux-mêmes, fondements de toutes les sciences, forment le plus précieux trésor de nos intelligences.

Mais comment se fait-il que nous possédions ce trésor? Cette dernière question est d'un grand intérêt théorique, puisqu'elle n'est autre que la question même de l'origine des idées. Je l'aurais pourtant passée sous silence, si la manière dont on la traite n'intéressait pas au plus haut degré la Méthode en métaphysique, comme on le verra par la suite.

Cette question sur l'origine des connaissances universelles a été résolue différemment par les deux princes de la philosophie grecque, Platon faisant tomber les idées dans l'âme directement des types éternels, Aristote restant fidèle à sa maxime que la sensation est à l'origine de toute connaissance. Cette dernière solution est celle qui nous intéresse, puisque nous suivons la Scolastique qui l'a admise, et qui Fa formulée dans l'adage : Nihil est inintellectu quin prius fuerit m sensu.

Voici donc comment Aristote pose et résout cette grande question :

« Ces trésors de principes sont-ils innés (2) en nous, tout en restant cachés, ou bien, n'étant pas innés, sont-il acquis? IloTspov oux Ivoïïcat aï â'^st; £YY'^°^'^^'' '^ evoîioai XEXv^Gaciv.

« Supposer ces trésors innés, est chose absurde; car il en résulterait que, possédant des connaissances plus exactes que la démonstration, nous n'en aurions pas conscience. D'un autre

[\) S. Augustin, de Magislro, § 11.

(2) Le mol (' iniu' » n'est pas une traduction exacte. Une ancienne version dit : « Utruin Iiabitiis eorum non insint sed liant ac acquirantur, an insini quidem sed lateant. »

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